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Air France-KLM modère sa croissance avec la guerre au Moyen-Orient

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Paris (awp/afp) – Le géant franco-néerlandais du transport aérien Air France-KLM a modéré jeudi sa prévision de croissance pour 2026, en raison de la guerre au Moyen-Orient et des sommets que va atteindre sa facture de kérosène.

Le groupe prévoit une hausse de ses capacités de 2 à 4% cette année, contre 3 à 5% précédemment.

Mais “toutes les destinations restent en place”, a déclaré à la presse le directeur général Benjamin Smith, durant la présentation des résultats du premier trimestre.

Lors de cette saison généralement considérée comme basse, le groupe a très légèrement creusé sa perte nette, de 1%, à 252 millions d’euros.

“Si la hausse des prix du carburant ne se reflète pas encore dans les résultats que nous présentons aujourd’hui, elle pèsera sur les prochains trimestres”, a déclaré le directeur général Benjamin Smith, cité dans un communiqué.

Air France-KLM prévoit de payer 9,3 milliards de dollars son carburant cette année, soit 35% de plus que dans sa précédente estimation réalisée avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février.

Pour donner un ordre de grandeur, cela représente plus de 28% du chiffre d’affaires de 2025.

Le prix du kérosène a plus que doublé dans les semaines qui ont suivi le début des attaques contre l’Iran. Le groupe bénéficie cependant de sa politique traditionnelle d’achats anticipés: Air France-KLM a d’ores et déjà un contrat de couverture pour 66% de son carburant de 2026, et 33% de 2027.

“Aucun problème” de pénurie

Concernant le risque d’éventuelles pénuries de carburant, le transporteur s’est dit peu inquiet à ce stade.

“Jusqu’en juin nous ne prévoyons absolument aucun problème”, a déclaré à la presse le directeur financier Steven Zaat.

“Le ministère néerlandais des Infrastructures a dit qu’au moins pour les six mois à venir (…) il y aura assez de carburant d’aviation”, a poursuivi ce cadre dirigeant batave.

Par ailleurs, la plus grande plateforme du groupe, Paris-Charles de Gaulle, a-t-il rappelé, est reliée par un oléoduc au terminal pétrolier du Havre, qui reçoit du pétrole brut depuis la Norvège, l’Amérique et l’Afrique.

Seuls 2% des vols des compagnies du groupe se posent au Moyen-Orient, région où le trafic est perturbé.

Air France-KLM a expliqué avoir “enregistré de très bonnes performances” sur d’autres destinations, “l’Atlantique Nord, l’Amérique centrale et du Sud ainsi que l’Asie”.

M. Smith a cependant révélé que deux aéroports asiatiques, plus dépendants des exportations des pays du Golfe, lui avaient conseillé de ne pas augmenter les fréquences tant que durerait la guerre au Moyen-Orient.

“Singapour et Haneda [un aéroport de Tokyo] ont dit qu’ils préfèreraient ne pas recevoir de capacités supplémentaires. Ce n’est pas un non ferme, mais c’est une demande d’éviter de réclamer plus de capacités pour nos vols”, a-t-il indiqué à la presse.

Il s’est félicité d'”une performance solide, avec une forte progression de la recette unitaire”, c’est-à-dire le chiffre d’affaires par passager transporté.

À taux de change constant, cette recette unitaire a progressé de 3,4%, tandis que le coût unitaire n’augmentait que de 0,5%. Le groupe dit ainsi poursuivre la “montée en gamme” d’Air France, de KLM et de Transavia, en même temps qu'”une gestion rigoureuse des coûts et des gains de productivité”.

Sur le premier trimestre, le chiffre d’affaires a augmenté de 4% à 7,48 milliards d’euros, avec 22,3 millions de passagers, soit 2,3% de plus qu’un an auparavant, et un meilleur taux de remplissage des avions (+0,3 point, à 86,3%).

Air France-KLM se prépare à l’acquisition annoncée de la scandinave SAS en 2026. Le groupe est par ailleurs candidat pour racheter la portugaise TAP, également convoitée par l’allemand Lufthansa.

afp/rr