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Moyen-Orient. Iran-États-Unis : les négociations s'ouvrent en Suisse sous tension, après une menace de …

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Les négociations entre l’Iran et les États-Unis ont débuté dimanche dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, en Suisse, surplombant le lac de Lucerne. Ces pourparlers, consacrés notamment au programme nucléaire iranien, doivent s’étendre sur une durée de 60 jours renouvelables et viser un accord final mettant un terme au conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l’Iran.

La délégation américaine, dirigée par le vice-président JD Vance, comprend l’émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Elle fait face à la délégation iranienne, conduite par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, sous médiation du Qatar et du Pakistan. JD Vance a qualifié la rencontre « d’historique », espérant « tourner une nouvelle page » dans la relation avec l’Iran. Selon la télévision d’État iranienne, le nucléaire n’a pas été abordé lors de la première session, et la délégation iranienne aurait refusé de poser pour une photographie avec les Américains.

Un message de Trump tend les discussions

En pleine tenue des pourparlers, Donald Trump a averti sur Truth Social que l’Iran devait immédiatement empêcher ses groupes affiliés au Liban, en référence au Hezbollah, de causer des problèmes, sous peine de nouvelles frappes américaines. Mohammad Bagher Ghalibaf a répliqué sur X, conseillant aux États-Unis de « peser leurs mots », les forces armées iraniennes étant prêtes à répondre autrement.

Selon l’agence gouvernementale iranienne Irna, les pourparlers sont alors entrés dans une « phase difficile » après 80 minutes de discussions, et la délégation iranienne a quitté le bâtiment où se tenaient les négociations, jugeant le message américain « insultant ». Un diplomate proche du dossier a toutefois précisé que les Iraniens restaient « engagés » dans le processus, n’ayant pas fait part aux médiateurs d’une intention de quitter définitivement la table des discussions.

Le protocole d’accord signé mercredi entre Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban. Des frappes israéliennes y ont pourtant fait au moins 30 morts samedi, avant une accalmie en soirée. Selon le ministère libanais de la Santé, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4 106 morts depuis le 2 mars, contre 36 militaires tués côté israélien. 

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé que ses troupes pouvaient agir « sans aucune restriction » pour éliminer les menaces, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué que l’armée resterait dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire, évoquant le maintien d’une zone de sécurité. Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté dimanche cette possibilité, la jugeant « impossible ». Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, a prévenu qu’aucun accord avec Washington ne serait possible sans cessation des hostilités au Liban. Signe possible de détente, Israël a annoncé la levée, à compter de lundi matin, de toutes les restrictions de rassemblement liées à la guerre dans le nord du pays, près de la frontière libanaise.

Le détroit d’Ormuz toujours fermé

En représailles à la poursuite des combats, l’Iran a maintenu la fermeture du détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transitaient environ 20 % des hydrocarbures mondiaux avant la guerre. Téhéran a évoqué la possible instauration de frais de transit, tandis que Donald Trump a menacé d’imposer un péage en cas d’échec des négociations. Le Centcom américain a néanmoins indiqué que 55 navires marchands avaient franchi le détroit en toute sécurité samedi

Le président iranien Massoud Pezeshkian a réaffirmé que son pays ne cherchait pas à se doter de l’arme atomique, tout en revendiquant le droit à l’enrichissement d’uranium. Le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaei, a appelé à la prudence, jugeant sur X que l’ennemi avait montré qu’il ne tenait pas ses promesses