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Guerre au Moyen-Orient : les États-Unis frappent lIran malgré les négociations en cours

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Les États-Unis ont annoncé lundi 25 mai 2026 avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril. « Les forces américaines ont mené aujourd'hui (lundi) des frappes de légitime défense dans le sud de l'Iran afin de protéger nos troupes contre les menaces posées par les forces iraniennes. Les cibles comprenaient des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes qui tentaient de poser des mines », a déclaré le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans un communiqué.

Les médias iraniens ont rapporté que plusieurs fortes explosions avaient été entendues à Bandar Abbas (sud) vers minuit, heure locale. La télévision d'État a ensuite précisé que la situation était revenue à la normale, ajoutant qu'une enquête était en cours pour déterminer l'origine des bruits.

Le détroit d'Ormuz rouvrira « d'une manière ou d'une autre »

La guerre a gravement perturbé l'économie mondiale en raison, notamment, du blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde. Mardi 26 mai, Marco Rubio a soutenu que le détroit rouvrirait « d'une manière ou d'une autre ». « Ce qui se passe là-bas est illégal, c'est illégal, c'est insoutenable pour le monde entier », a-t-il ajouté.

Les cours du pétrole ont réagi de manière contrastée aux derniers développements, après être repassés sous la barre des 100 dollars lundi.

Les dernières heures avaient été marquées par une nouvelle accélération des échanges diplomatiques. Malgré les nouvelles frappes américaines, un accord avec l'Iran reste possible, selon le secrétaire d'État américain Marco Rubio. Les discussions tournent essentiellement « autour de la formulation précise du texte initial, cela prendra donc quelques jours », a-t-il déclaré lors d'une visite officielle en Inde, sans fournir d'informations sur les dernières frappes.

De hauts responsables iraniens, incluant le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rendus lundi à Doha. C'est la première visite de ce type depuis les frappes de représailles menées par Téhéran contre ses voisins du Golfe.

Pas d'accord imminent

Donald Trump avait tempéré les espoirs d'un accord imminent, disant ne pas vouloir « se précipiter ». Téhéran s'est également montré prudent. « Nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions », a commenté le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. « Mais de là à dire que la signature d'un accord est imminente, personne ne peut l'affirmer. »

En parallèle, une délégation du Pakistan, incluant le médiateur principal dans le conflit et chef de l'armée Asim Munir ainsi que le premier ministre Shehbaz Sharif, se trouvait lundi en Chine, pays soutenant les efforts pakistanais pour résoudre la crise.

Donald Trump avait évoqué samedi un compromis « largement négocié » prévoyant la réouverture du détroit d'Ormuz, tandis que l'Iran insiste sur le fait que la question nucléaire ne fait pas partie « à ce stade » du protocole en discussion et qu'elle serait abordée lors de négociations séparées.

Lundi soir, le président Trump a aussi mentionné le dossier de l'uranium enrichi iranien, affirmant qu'il serait « soit immédiatement remis aux États-Unis […] et détruit, soit, de préférence, en collaboration et en coordination avec la République islamique d'Iran, détruit sur place ou dans un autre lieu acceptable ». On ignore s'il signifiait par là qu'il s'agissait d'un point de l'accord en discussion.

Plus tôt lundi, il a aussi semblé faire monter les enjeux d'un éventuel accord de paix. Dans un message sur les réseaux sociaux, il a énuméré les dirigeants de pays à majorité musulmane avec lesquels il a discuté dernièrement, affirmant « qu'après tout le travail effectué par les États-Unis […] tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d'Abraham ».

Signés en 2020, ces accords ont débouché sur une normalisation des relations des Émirats arabes unis et de Bahreïn, deux proches alliés de Washington, avec Israël. Nombre d'États ont jusqu'ici refusé de les imiter, en particulier l'Arabie saoudite ainsi que la Syrie et le Liban, a fortiori depuis le conflit qui a ravagé la bande de Gaza.

Attaques au Liban

Les espoirs de paix au Moyen-Orient semblent aussi compromis depuis l'annonce du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou d'une intensification de l'offensive de son armée au Liban. Un cessez-le-feu est entré en vigueur sur place le 17 avril, mais Israël et le Hezbollah pro-iranien s'accusent mutuellement de le violer.

Benyamin Netanyahou souhaite « écraser » le Hezbollah, après des dizaines de frappes israéliennes qui ont fait trois morts, selon l'agence nationale d'information libanaise, Ani. Le Hezbollah a revendiqué de son côté une série d'attaques contre trois casernes et un poste militaire dans le nord d'Israël.