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Cest génial, on suit le match à fond : comment des casques ont changé la vision des rencontres des spectateurs malvoyants à Roland-Garros pour la 1re fois

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Pour l’édition 2026, le tournoi de Roland-Garros a proposé à certains spectateurs malvoyants de suivre les matchs grâce à un casque spécial, qui améliore leur vision du jeu.


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Cest génial, on suit le match à fond : comment des casques ont changé la vision des rencontres des spectateurs malvoyants à Roland-Garros pour la 1re fois

Le casque Give Vision pour les spectaeurs malvoyants à Roland-Garros. (FFT/Vincent Curutchet)

C’est l’une des nouveautés aperçues dans les allées de Roland-Garros. Cette année, au cours de la quinzaine, des spectateurs malvoyants (dont l’acuité visuelle n’atteint pas 4/10 ou champ visuel sévèrement atteint, selon l’Organisation mondiale de la santé) ont pu découvrir le tournoi comme ils ne l’avaient encore jamais vécu. L’organisation a en effet mis en place pour la première fois un dispositif pour qu’ils suivent les rencontres grâce un casque pour améliorer la vision.

“C’est un casque que l’on porte sur soi. Il permet de pouvoir zoomer l’image qu’on a en face de nous sur le court. Et on a un joystick qui permet d’améliorer les contrastes, de zoomer à certains endroits, de dézoomer à d’autres et de faciliter l’expérience et la prise de vue du casque”, a détaillé Claire Hallé, responsable des actions inclusives et environnementales de Roland-Garros. Le dispositif a été fourni par l'entreprise britannique Give Vision, spécialisée dans l’amélioration de la vision restante (pour des personnes déficientes visuelles, et pas aveugles), qui répond à un besoin identifié par le tournoi, a-t-elle expliqué. Il a déjà été testé dans le cadre de concerts.

La possibilité de zoomer a permis à Pénélope, malvoyante depuis ses huit ans et qui compte parmi les près de 2 millions de personnes atteintes d’un trouble de la vision en France (selon la Fédération des aveugles et amblyopes de France), de “voir le gradin d’en face”, ou, avant un lancer au service, de “voir la balle rebondir entre la raquette et le terrain”. “De voir les joueurs, les ramasseurs de balle, tout l'environnement autour, c'est vraiment super”, complète-t-elle, avant d’assurer n’avoir “jamais vécu une expérience pareille”.

Les spectateurs susceptibles de bénéficier du dispositif ont été identifiés par deux biais : un formulaire envoyé avant le tournoi sur la billetterie spécifique pour les personnes en situation de handicap, mais aussi à travers l'équipe accessibilité directement sur le terrain, “qui accompagne des gens qui ont des besoins spécifiques sur le stade pour que leur expérience soit la plus agréable qui soit et avec des dispositifs et des services qui leur sont proposés”, a encore déroulé Claire Hallé.

“Sur ce type de billetterie, on peut avoir une difficulté à identifier la personne qui en aurait besoin. C’est pour ça que l’accessibilité fait le relais sur le terrain quand elle se rend compte que quelqu’un peut en avoir besoin sur place”, a-t-elle poursuivi. La Fédération française de tennis a pris en charge le coût du dispositif pour pouvoir l’offrir aux usagers.

Lors de la première semaine de compétition, le tournoi a organisé une journée de test avec un public cible venu essayer le casque. “Le fait de tout vivre vraiment, et de ne pas être juste en train d'attendre les cris, d'entendre quelqu'un taper dans la balle sans savoir de quel joueur il s'agit… Là, c'est vraiment génial, on peut suivre le match à fond”, a détaillé Pénélope, qui avait entendu parler du dispositif et en avait vu des photos, mais qui ne l’avait encore jamais testé jusque-là.

De quoi compléter l'arsenal des dispositifs pour les spectateurs malvoyants, qui comptait déjà les commentaires en audiodescription. “On se rend compte que, parfois, les personnes qui sont malvoyantes, et pas non-voyantes, l’audiodescription ça peut leur plaire, mais pas forcément à tous parce que certains veulent vraiment profiter de l’expérience visuelle”, résume Claire Hallé.