Forcément, Pierre-Marie Dru est passionné de musique, et se décrit comme “mélomane” depuis toujours : “Je suis d’une génération où on écoutait énormément de CD, je ne faisais que ça. J’avais une autre passion, le dessin et les maisons. J’ai donc étudié l’architecture. Puis à un moment j’ai compris que je n’allais pas être architecte. J’ai donc suivi une espèce de formation accélérée entre la musique et l’image.” Il se souvient d’un coup de foudre en visionnant Tout sur ma mère de Pedro Almodovar, et en y entendant la voix du chanteur sénégalais Ismaël Lô. Il débute son métier de “superviseur musical” en 2004, avec le film burkinabé Ouaga Saga.“À un moment, les choses se sont accélérées. En particulier avec un long-métrage qui m’a vraiment porté bonheur : J’ai perdu mon corps, un film d’animation. J’aime beaucoup travailler sur des films d’animation, car on a du temps pour réfléchir à la musique”, poursuit Pierre-Marie Dru. “Puis j’ai eu la chance de travailler avec Leos Carax sur le film Annette avec toute une équipe incroyable dont Clément Ducol, qui a orchestré la musique des Sparks. Clément a parlé de moi à Jacques Audiard, et ça m’a permis de travailler avec lui et la chanteuse Camille sur Emilia Pérez.”
Ennio Morricone : « La musique dans un film est le seul élément qui n'a rien à voir avec le film »
Les Trésors de France Musique
Fondateur de la société Pigalle Productions, Pierre-Marie Dru crée aussi en 2021 l’Association des Superviseurs Musicaux (ASM), qui en regroupe une quinzaine. Son objectif est de mettre en lumière ce métier de l’ombre, qui est assez récent : “Il y a eu besoin à un moment d’indépendants, de gens qui faisaient un peu le lien et qui pouvaient suivre du début à la fin une production. Il était assez pratique pour les producteur d’avoir quelqu’un pour gérer la musique. Parmi les superviseurs musicaux, il y a des musiciens, des chanteurs, des juristes… des gens d’horizons très différents.”Il s’agit aussi de défendre les métiers de la musique et du son dans l’industrie du cinéma. “C’est un secteur qui est aujourd’hui un peu fragile. Que ce soit les studios, les ingénieurs du son, les musiciens…” égrène Pierre-Marie Dru : “Les studios, notamment. Il n’y en a pas beaucoup, pas mal ont fermé. Il y a une explication économique : quand on n’a pas beaucoup d’argent, on préfère aller enregistrer plutôt à l’est de l’Europe. Pourtant, la France est un pays avec une grande culture de la musique à l’image. Il faut avoir conscience qu’il y a des choses à défendre.” Pierre-Marie Dru supervise la musique de quatre films présentés en ce moment à Cannes. Autre gros projet : la bande-originale du film Johnny, le biopic consacré au chanteur, dont le tournage commence le 1er juin.





