En Europe, comme aux États-Unis, une place spécifique est réservée aux journalistes qui viennent exercer leur métier. À un détail près. Si on a l'habitude par chez nous de s'asseoir à l'air libre, avec un pupitre comme signe distinctif, les Américains ont opté pour un autre dispositif.
Le billet virtuel aurait dû nous avertir : Box D, Row (rang) 3, Seat (siège) 167. Box ? Oui, box. Une boîte. Sur place, on comprend mieux en pénétrant dans un environnement aseptisé. Pas de siège classique mais des rangées de bureaux face à une immense baie vitrée, comme un rempart entre les journalistes et l'ambiance mise par les supporters. Coupés du monde. Et déstabilisés avec cette impression d'être devant la télévision.
Comment vibrer avec le public ?
La vue est dégagée (encore que cela dépend de sa position), les écrans de contrôle sont pratiques pour vérifier une action qui nous aurait échappé, un coin buffet permet d'aller se restaurer à tout moment… Bref, le confort tel que le conçoivent les Américains, pas forcément les plus assidus devant un match. Quel que soit le sport.
Et l'émotion dans tout cela ? Ne pas entendre le puissant écho d'un hymne, au hasard le Flower of Scotland de vendredi à Foxborough, ne pas réagir avec le public, ne pas éprouver les vibrations des tribunes ou percevoir l'intensité de ses récriminations, comme les sifflets écossais à l'encontre d'Achraf Hakimi, renvoyé le jour même devant une cour criminelle pour viol, est une manière curieuse de restituer une rencontre qui est un mélange de jeu et de ressenti, de passion et de raison. Il manque clairement quelque chose.
Alors, pour s'imprégner de l'atmosphère, il faut aller se dégourdir les jambes dans les coursives, réussir à tromper la vigilance d'un bénévole pour prendre place quelques minutes sur un siège d'observateur. Et s'arracher, à contrecœur, à sa place au milieu de la foule pour aller terminer son papier sous la climatisation et l'envoyer par e-mail. In the box. À plus d'un titre.


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