Cela fait maintenant 104 jours que la guerre au Moyen-Orient a débuté, et en moins de 24h, Donald Trump a de nouveau changé radicalement d’avis. Ce matin du jeudi 11 juin, le président américain promettait de frapper “très fort” l’Iran. Ce soir, il annonce la signature imminente d’un accord avec Téhéran. Comment suivre le fil du président américain ? Quelle est vraiment sa stratégie ? France Télévisions fait le point.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Des salves de missiles américains en direction de l’Iran. Et à Karaj, ce jeudi matin, dans la banlieue de Téhéran, des panaches de fumée noire s’élèvent après les frappes. Les États-Unis disent avoir visé des infrastructures militaires. Le régime iranien a répliqué par des tirs qui visaient les bases américaines en Jordanie et au Koweït. À Bahreïn, les débris d’un missile intercepté ont fait au moins un blessé et provoqué des dégâts.
Malgré le cessez-le-feu officiellement en vigueur, les combats ont repris pour la deuxième nuit d’affilée. Donald Trump menace même d’en accélérer le rythme : “Les États-Unis vont frapper l’Iran très fort ce soir”, a écrit le président américain sur les réseaux sociaux. Un recours à la force qui traduit l’impatience grandissante de Donald Trump. Lassé des négociations qui n’avancent pas, il choisit de durcir le ton. “Ils se moquent de nous, ils nous prennent pour des demeurés”, a-t-il lancé devant la presse.
Pendant des semaines, il a pourtant annoncé un accord imminent. La presse américaine a même recensé une quarantaine de déclarations en ce sens. “Nous sommes sur le point de sceller ce qui sera un excellent accord” ; “Peut-être dans quelques jours, mais ça pourrait aller très vite.” ; “Peut-être pendant le week-end.” ; “On est très proche d’un accord.” ; “Tout à fait possible qu’on trouve un accord”, a-t-il déclaré tour à tour.
Mais l’Iran a aussi ses leviers de négociations et menaces de refermer totalement le détroit d’Ormuz, où certains navires ont pu transiter au cours des dernières semaines. L’armée américaine continue dans le même temps à détruire à coups de missiles les moteurs des pétroliers quittant les ports iraniens. Mercredi 10 juin, trois marins indiens ont été tués dans l’une de ces frappes.
Alors, le piège d’une nouvelle escalade est-il en train de se refermer sur Donald Trump ? L’opposition dénonce ce qu’elle considère comme une absence totale de stratégie. “Le président multiplie les menaces et les fanfaronnades. Ça ne rend pas l’Amérique plus sûre. Et ça n’explique toujours pas aux Américains pourquoi il a déclenché ce conflit”, a par exemple déploré Wes Moore, gouverneur (démocrate) du Maryland.
Il y a à peine quelques minutes, Donald Trump a finalement annoncé annuler les frappes prévues ce soir et évoqué des discussions au plus haut niveau avec le régime iranien. Un revirement de dernière minute dont le président américain est coutumier et qui ne garantit aucunement une résolution du conflit.





/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/S3E2PZgG71/image/20260611_1028311781166717284.jpg)