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Avant laffaire Lyhanna, le cas Jérôme Barella avait alerté jusquaux États-Unis

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Avant laffaire Lyhanna, le cas Jérôme Barella avait alerté jusquaux États-Unis

ISABELLE SOURIMENT / Hans Lucas via AFP

Devant la maison de Jérôme Barella, à Montestruc-sur-Gers (Gers), le 3 juin 2026.

C'est une nouvelle ramification dans l'affaire Lyhanna, qui pointe directement vers les États-Unis. Comme le révèle Le Monde ce jeudi 11 juin, l'organisme américain NCMEC (National Center for Missing and Exploited Children) a transmis, bien avant la disparition de l'adolescente, plusieurs signalements visant Jérôme Barella, le mis en cause après la mort de l'adolescente de 11 ans dans le Gers, à l'Office mineurs (Ofmin). Il s'agit du service français de la direction nationale de la police judiciaire pour lutter contre les violences sexuelles faites aux mineurs.

Comme l'explique Le Monde, le NCMEC, créé en 1984, est un organisme de référence dans la lutte contre la pédocriminalité internationale. Celui-ci recense en effet les alertes collectées par les fournisseurs d'accès à Internet, les géants du Web et les réseaux sociaux concernant des contenus pédocriminels hébergés en ligne. Il les communique ensuite aux polices nationales des ressortissants détectés. Le NCMEC transmet notamment des informations sur des adultes essayant d'interagir sexuellement avec des mineurs sur Internet.

Par an, on parle de centaines de milliers de signalements faits aux autorités de différents pays, dont la France. L'identité complète des personnes signalées n'est pas toujours renseignée, ce qui nécessite ensuite des investigations des enquêteurs propres à chaque pays. Mais au minimum, ceux-ci ont accès au pseudonyme, à l'email, au téléphone et à l'adresse IP de la personne signalée.

Seulement une quarantaine d'enquêteurs à l'Ofmin

Comme le rapporte Le Monde, dans le cadre de l'affaire Lyhanna, les signalements sur Jérôme Barella remontent maintenant à plusieurs mois, mais ils n'ont pas été portés à la connaissance de la justice française. Résultat, aucune enquête judiciaire n'avait été ouverte.

Le Monde précise que l'existence de ces signalements effectués depuis les États-Unis ont été découverts après le début de l'affaire française, lorsqu'il a été demandé à tous les services de police et de gendarmerie de rechercher dans leurs bases de données toute référence au suspect.

Par ailleurs, Gabrielle Hazan, ancienne cheffe de l'Ofmin, expliquait dans un entretien à 20 Minutes en 2024 que les services de l'instance ne pouvaient traiter que « moins de 1 % des signalements » provenant du NCMEC, citant le chiffre de 318 000 signalements sur l'année 2023. Soit 870 par jour en moyenne.

Il faut dire que l'Ofmin ne comprend qu'une quarantaine d'enquêteurs, soit deux fois moins que ce qui avait initialement été prévu à sa création il y a trois ans. En comparaison, les forces de police britanniques comptent 800 effectifs spécialisés dans la lutte contre la pédocriminalité, note Le Monde.