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Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

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Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient ont débuté dimanche après-midi dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord déjà fragilisé par la situation au Liban.

La diplomatie qatarie a annoncé « l'ouverture des travaux du sommet du lac de Lucerne et la tenue de la première réunion de la commission de haut niveau », réunissant les « représentants des Etats-Unis, de la République islamique d'Iran et des deux Etats médiateurs », Qatar et Pakistan.

Peu avant, la télévision d'Etat iranienne avait fait état d'une « réunion tripartite impliquant l'Iran, les Etats-Unis et le Qatar » portant sur « un cessez-le-feu global au Liban et les avoirs iraniens bloqués ».

Les négociations s'ouvrent à l'ombre des combats qui se sont poursuivis vendredi et samedi au Liban en dépit d'une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et de la nouvelle fermeture du détroit d'Omuz annoncée samedi par Téhéran en représailles.

Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi (g), et son homologue suisse, Ignazio Cassis, au complexe hôtelier de luxe du Bürgenstock, avant des pourparlers pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, le 21 juin 2026 en Suisse


Fabrice Coffrini / POOL/AFP

Des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie depuis la soirée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Aucun accord avec les Etats-Unis n'est possible sans cessation des hostilités au Liban, a averti peu avant le lancement des discussions le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

Mais le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a ensuite affirmé que ses troupes pouvaient agir « sans aucune restriction » pour « éliminer les menaces » au Liban, et réitéré qu'elles y resteraient dans la zone qu'elles occupent dans le sud.

Les pourparlers se tiennent à l'hôtel du Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, au centre de la Suisse, la délégation américaine étant dirigée par le vice-président JD Vance, et l'iranienne par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

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Le vice-président américain JD Vance (d) et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif au complexe hôtelier de luxe Burgenstock, le 21 juin 2026 en Suisse, avant des pourparlers pour trouver une paix durable au Moyen-Orient


Nathan Howard / POOL/AFP

La délégation iranienne compte également, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer « quelques jours », a déclaré JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester « qu'un jour ou deux » en Suisse, où se trouvent également l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.

« J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer », a-t-il déclaré.

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Le vice-président américain JD Vance (g), l’envoyé spécial du président américain Donald Trump, Steve Witkoff (d2e d), le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif (2e g) et le gendre de Trump, Jared Kushner, lors de leur rencontre au complexe hôtelier de luxe Burgenstock, le 21 juin 2026 en Suisse


Nathan Howard / POOL/AFP

M. Baghaï a affirmé que le Liban constituerait le « principal » sujet des discussions, aux côtés des avoirs gelés de l'Iran et de ses exportations pétrolières.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui réitéré dimanche que l'Iran ne cherchait pas à se procurer de bombe atomique, mais insisté sur le droit de son pays à l'enrichissement d'uranium.

Les deux parties ont tenu dans la matinée des réunions avec les médiateurs.

« Trêve fragile » au Liban

Ces pourparlers sont censés aboutir sous 60 jours à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février.

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Un habitant passe devant des bâtiments détruits par des frappes aériennes israélienne à Nabatiyé, dans le sud du Liban, le 21 juin 2026


Abbas FAKIH / AFP

Les hostilités ont causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Doha a dit espérer « un accord global et durable traitant l'ensemble des questions abordées » dans le protocole d'accord.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a pour sa part appelé de se garder de tout « optimisme », estimant sur X que « l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses ».

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars par des tirs de roquettes contre Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début du conflit.

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– / AFP

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon Beyrouth.

L'armée israélienne y a recensé 36 militaires tués depuis le 2 mars.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain avait assuré que la situation « s'améliorait » au Liban.

Depuis samedi, « une trêve fragile est en vigueur », a relevé M. Baghaï.

Ormuz fermé

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que « le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime », une « première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi ». Il a menacé « d'autres mesures » si nécessaire « pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations ».

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient « vigilantes ». Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a par ailleurs évoqué la possibilité d'imposer des « frais » de service maritime aux navires y transitant. Et le président américain a menacé d'y imposer un péage en cas d'échec des discussions.

burx-roc/tmt/hme/cab