L’ébauche d'accord entre Washington et Téhéran pourrait marquer le retour des grandes institutions internationales. Alors que Donald Trump a longtemps contesté le rôle des organisations internationales, le futur accord avec l’Iran pourrait redonner à l’ONU et à l’AIEA une place centrale.
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Le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, annoncé dimanche 14 juin, pourrait remettre en scène les institutions internationales, et cela est particulièrement vrai sur le fameux volet du nucléaire iranien. C’est le sujet sur lequel on aime faire une impasse au Bac tellement il est sinueux. En résumé, l’Iran a le droit de développer du nucléaire civil, celui qu’on utilise pour fabriquer de l’électricité. En revanche, cela se complique pour le nucléaire militaire. Le pays ne doit pas avoir la bombe nucléaire, c’est depuis toujours la ligne rouge. C’était vrai dès 1950 à l’époque du Chah d’Iran et c’est resté d’autant plus vrai avec l’arrivée au pouvoir des mollahs.
Or, depuis quelques années, les Iraniens se sont mis à enrichir de l’uranium à hauteur de 60%, c’est-à -dire au-dessus des normes civiles et, surtout, proche des 90% utilisés pour la fabrication de la bombe atomique. L’Iran possède plus de 440 kilos de cet uranium enrichi. Cet uranium, les Iraniens l’ont enrichi notamment depuis 2018 lorsque les États-Unis ont dénoncé un accord qui avait été signé avec Téhéran, trois ans plus tôt et qui encadrait les choses. C’est là que réapparaissent les instances internationales.
L’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, avait pour mission de surveiller le nucléaire iranien. Mais tout cela s’est déréglé lorsque Donald Trump a dénoncé l’accord, il y a maintenant huit ans. Or, ironie de l’histoire, c’est l’AIEA qui devrait revenir surveiller ce nucléaire iranien. Emmanuel Macron, le président français, l’a d’ailleurs redit, lundi 15 juin, avant l’ouverture du G7. Le vice-président américain a également annoncé que des inspecteurs de l’Agence internationale seraient autorisés à se rendre en Iran pour aider Téhéran à “détruire son stock d’uranium hautement enrichi”.
C’est bien simple, c’est comme si on revenait dix ans en arrière. L’AIEA devra vérifier, par exemple, que Téhéran dilue les 440 kilos d’uranium enrichi qu’il possède et qui sont cachés sous terre sur différents sites. C’est encore l’AIEA qui devra surveiller que l’Iran abandonne toute idée de fabriquer une bombe nucléaire et respecte un moratoire de 15 ou 20 ans sur le sujet.
L’AIEA, qui retrouve des couleurs, est une agence de l’ONU, qui pourrait elle aussi faire son grand retour sur la scène internationale. C’est le pied de nez de l’histoire et la petite humiliation des Iraniens. Téhéran souhaite obtenir que l’accord de fin de guerre, qui sera signé avec les États-Unis, soit ratifié par le Conseil de sécurité de l’ONU, en incluant évidemment le volet de son programme nucléaire.
Or, Donald Trump, depuis son retour, n’a de cesse de piétiner l’Organisation des Nations unies. Pour lui, seul le rapport de force entre États compte. Le droit international n’existe pas ou alors est réduit comme peau de chagrin. Or, l’obliger à signer l’accord final entre l’Iran et les États-Unis devant la plus grande instance internationale, c’est le petit plaisir que les Iraniens ont envie de s’offrir, car cela se fera devant le monde entier.


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