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PODCAST – Justine Birot, directrice de l'Institut du Sport Durable : "Il faut modérer la taille des événements sportifs pour en atténuer l'impact carbone"

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  • Mexique, États-Unis, Canada : les distances entre les stades des pays organisateurs de la Coupe du monde dépassent les milliers de kilomètres.
  • Du 11 juin au 19 juillet, le Mondial 2026 devrait faire exploser le bilan carbone de la Fédération internationale de football.
  • Dans le podcast “Impact Positif”, Sylvia Amicone reçoit Justine Birot, directrice de l’Institut du Sport Durable. Elle évoque les enjeux climatiques de cette compétition planétaire.

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Initiatives environnementales

Certaines mauvaises langues surnomment cette compétition “la Coupe du monde du ballon fondu”. Les records de chaleur pourraient se multiplier sur la côte Est des États-Unis, dans le Nord du Mexique et au Canada. Des événements climatiques extrêmes, à l’image de tornades ou d’orages dévastateurs, pourraient également interrompre les rencontres et exposer les joueurs et les spectateurs à des risques pour leur santé et leur sécurité. La distance entre les stades oblige à effectuer tous les déplacements en avion.

Résultat : il s’agira de la pire Coupe du monde de football de l’histoire sur le plan environnemental, assure le laboratoire d’idées britannique New Weather Institute. La compétition devrait émettre près de neuf millions de tonnes d’équivalent CO2 (ce que produit le Luxembourg en une année). Justine Birot a coédité avec le Shift Project un rapport sur la décarbonation du sport. Elle en discute dans le podcast de celles et ceux qui ont un impact positif sur la société et sur le monde, à écouter ci-dessus. L’émission est diffusée tous les samedis après-midi sur LCI, canal 15 de la TNT. “Près de 87 % des émissions de CO2 seront générées par les voyages en avion pour transporter les équipes et les supporters. Ça pèse dans le bilan carbone global”. Lors du premier tour, la République tchèque devra effectuer près de 9.000 kilomètres pour jouer ses trois matchs de poule : “Les infrastructures sont trop étalées sur le territoire”.

Justine Birot reproche à la FIFA de n’avoir pris aucune mesure pour réduire le bilan carbone ou améliorer certains dispositifs. “Il n’existe pas d’offre de transport en commun ou de mobilité douce pour décarboner le dernier kilomètre jusqu’au stade. La FIFA ne fait pas dans la sobriété et ne propose aucune politique environnementale construite. Ce parti pris met en péril la pérennité de l’activité sportive”. La Fédération internationale de football a choisi d’élargir le nombre de participants à 48 en ajoutant 40 matchs. Un non-sens pour la spécialiste : “Il faudrait repenser les poules pour garder les supporters au plus près des zones de rencontres, diminuer la fréquentation des Coupes du monde, accorder un quota de billets aux spectateurs locaux… Il faut avant tout modérer la taille de l’événement pour en atténuer l’impact carbone”.

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Des risques sérieux pour l’économie du sport

Difficile de convaincre des fédérations internationales qui cherchent avant tout à générer du profit. Mais Justine Birot assure que cette stratégie fait peser un risque sérieux sur l’économie du football et du sport en général : “Les prix des avions deviennent de plus en plus chers pour se rendre au stade et la hausse du coût de l’essence empêche certains parents d’emmener leurs enfants aux compétitions. En milieu amateur, il faut annuler certaines compétitions par manque de participants”.

Le transport reste le premier poste d’émission de CO2 du sport. Viennent ensuite la fabrication d’articles de sport, la gestion des infrastructures et les déchets. “Près de 80% de l’empreinte carbone du sport vient du monde amateur. Il faut mettre en place une transition pour aider les clubs à diminuer leur consommation d’énergie, prolonger la durée de vie des articles de sport, végétaliser les repas ou les snacks. Ça passe beaucoup par de la sensibilisation“, reconnaît l’experte. Justine Birot note que beaucoup de clubs amateurs restent volontaires : “Malgré les freins, ils proposent beaucoup d’initiatives en termes de transport ou d’alimentation“.

Geoffrey LOPES