Une progression pas à pas. Pour le défenseur du FCVB, Saidou Ouedraogo. Comme le symbole d’une volonté de faire fructifier son vivier avec des forces vives renouvelées, quand bien mêmes celles-ci viennent de loin, ici le sud de la France.
En annonçant, la semaine dernière, la prolongation de son latéral, au sein du groupe de Ligue 3, le club caladois a fait montre d’une certaine logique. Ainsi, après une première saison prometteuse, en National, Saidou Ouedraogo, a convaincu tout le monde au club, et surtout son coach Fabien Pujo, premier ravi de son intégration réussie, cette saison, quand tous les suiveurs du club, nous les premiers, se demandaient d’où sortait un tel joueur, le 8 aout 2025, pour la première journée de championnat, face à Concarneau (0-0), au stade Armand-Chouffet.
Positionné axe gauche, dans une défense à trois, Saidou Ouedraogo avait surpris tout un stade, si peu habitué, ces dernières saisons à voir le FCVB puiser dans sa réserve pour alimenter l’équipe de N1.
Du caractère dès son premier match
Un premier match propre, qui venait récompenser le parcours d’un résilient, arrivé dans le Beaujolais à 18 ans, pour grandir plus vite, en quittant son nid du sud. Laurent Combarel, ex-coach du FCVB, était alors aux manettes du groupe B des Caladois, en R1.
Il raconte le pourquoi-du-comment de son arrivée à Villefranche, avec des hauts et des bas, pour commencer : “Il venait d’un petit club de Marseille, le SC Montredon Bonneveine (R2, Ligue Méditerranée). Dès son premier essai avec nous, j’ai compris qu’il fallait le faire venir à Villefranche. Il était déjà impressionnant. Techniquement, son pied gauche était déjà bien affûté, et le droit pas mal non plus. Très vite, je lui ai dit qu’on l’emmènerait en Ligue 2, s’il faisait ce qu’il fallait. Le seul soucis, c’est qu’il a souvent été blessé.”
Pas surprenant alors, pour un joueur qui n’avait pas gravi les marches d’un centre de formation. Le temps, ensuite fera son Å“uvre. Combarel de poursuivre : “Dans son ancien club, il n’avait aucun suivi médical. Ça lui a coûté du temps. Je pense que sans ça, il serait arrivé plus tôt en National. Il n’a jamais lâché. C’est un garçon à qui on a envie de tendre la main. Il a pris conscience de ses qualités, au fur et à mesure. C’est une très bonne chose, de la part du club, de lui avoir fait confiance.”
Et sa progression en R1 l’emmènera donc, la saison passée, à frapper à la porte du groupe de National, sans freins, sur le terrain. Fabien Pujo de lui ouvrir alors, le chemin d’un niveau qui l’attendait, presque comme une évidence : “A mon arrivée, il faisait partie des jeunes joueurs susceptibles d’intégrer le groupe de National, mais sûrement pas dans le rôle de titulaire mais plutôt dans la peau d’une doublure à gauche de Tristan Grippon. Il a eu une première partie de saison entachée par beaucoup de pépins musculaires. Il avait besoin de se mettre dans l’intensité de la N1. Il a des vrais qualités athlétiques de haut niveau. A savoir la puissance, la vitesse. Techniquement, il est assez propre. Il lui manquait, à ses débuts avec nous, tout le bagage tactique, au niveau de la concentration. Il a encore beaucoup à apprendre.”
Fabien Pujo : “Il a des vrais qualités athlétiques”

Peu à peu, il aura ainsi grapillé du temps de jeu, devenant titulaire du poste, lorsque Grippon se blessa à l’automne dernier, pour étendre son domaine de progrès lors de la seconde partie de saison.
Fabien Pujo de poursuivre sur la marge de progression de son défenseur, jeune et encore perfectible : “Sur la phase retour, il a eu une grosse évolution. A partir de janvier, on l’a souvent aligné. Ensuite, il n’est plus vraiment sorti de l’équipe même si, parfois, il a été plus en difficultés sur certaines rencontres. On l’a accepté, parce qu’il est encore en développement. Il sera peut-être, la saison prochaine, une des révélations de la Ligue 3.”
Cela ne serait pas un étonnement pour celui qui est allé le chercher au bord de la Méditerranée, l’entraîneur Laurent Combarel, qui mesure le chemin parcouru, depuis ses 18 ans. : “Cette saison, il a su saisir sa chance, en National. Il a encore beaucoup de travail à faire, sur l’aspect tactique. Mais sa première sa saison en National, ne me surprend pas.”
Et demain quel sera la suite de son parcours ? Une chose est sûre, il a, au-dessus de lui, une manière de bonne étoile. L’archétype de ceux que personne n’attend, mais qui savent forcer le destin. Laurent Combarel de conclure : ” Le plus dur sera de confirmer, maintenant. S’il parvient à travailler sur ses lacunes, il peut s’installer en Ligue 3, durablement et envisager de toucher la Ligue 2, plus tard. Pour l’instant, c’est déjà énorme ce qui lui arrive. Il faut aussi qu’il prenne le temps de savourer. Car, c’est déjà énorme ce qui lui arrive. Il vient de très loin. C’est une très belle récompense pour son parcours.”
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