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Guerre en Iran : un accord a été trouvé avec les États-Unis, mais le plus dur reste à faire

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Guerre en Iran : un accord a été trouvé avec les États-Unis, mais le plus dur reste à faire

WIN MCNAMEE / Getty Images via AFP

Un accord a été conclu entre l'Iran et les Etats-Unis le 14 juin 2026. (Donald Trump, ici le 27 mai 2026)

EN BREF • Les États-Unis et l'Iran ont trouvé un accord pour mettre fin à un conflit de plus de 100 jours, avec une signature prévue le 19 juin.
• L'accord inclut la réouverture du détroit d'Ormuz et la levée de certaines sanctions, mais des négociations complexes sont attendues.
• Le Liban est inclus dans l'accord mais Israël s'oppose à certaines conditions, notamment au retrait de son armée du Liban.

Enfin la lumière au bout du tunnel ou une énième fausse route ? Dimanche 14 juin au soir, les États-Unis et l'Iran ont annoncé avoir trouvé un accord pour mettre fin au conflit qui dure depuis plus de 100 jours au Moyen-Orient, et qui a fait des milliers de morts. Et pourtant le plus dur commence face aux nombreuses inconnues qui demeurent. Le HuffPost fait le point sur la situation.

• La fin des combats au Moyen-Orient

C'est le Pakistan, au centre du jeu diplomatique dans ce conflit, qui a révélé qu'un « accord de paix » avait été trouvé entre les États-Unis et l'Iran, actant la fin immédiate des combats au Moyen-Orient, Liban inclus. Dans la foulée, Donald Trump a confirmé l'information et précisé sur son réseau Truth Social avoir « autoris(é) pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain ».

L'agence de presse iranienne Mehr a en outre fait état d'un texte en 14 points, qui n'a pas été confirmé officiellement, selon lequel cet accord prévoit la réouverture d'Ormuz sous 30 jours, « le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés au cours de la période de négociation de 60 jours », dont la moitié avant le début des pourparlers, ou encore la « suspension des sanctions sur les ventes de pétrole et de produits pétrochimiques iraniens ».

Ce mémorandum doit officiellement être signé le 19 juin en Suisse. Le vice-président américain JD Vance, impliqué dans les négociations, a précisé qu'il « avait l'intention » d'être présent et précisé que la venue de Donald Trump était « possible ». Cette date devrait également marquer la réouverture officielle du détroit d'Ormuz, selon l'administration Trump.

En attendant la signature officielle, l'accord-cadre a été signé de manière électronique par Donald Trump, JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf, a annoncé lundi un haut responsable américain.

• Un nombre incalculable d'inconnues à résoudre en 60 jours

S'ouvre dès lors une période de 60 jours qui doit, en théorie, permettre d'aboutir à un accord définitif. Et c'est là que ça se gâte tant les sujets sont nombreux et délicats. Comme l'a indiqué le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif ce lundi 15 juin au matin, des « médiateurs faciliteront une série de réunions cette semaine. Ces discussions préalables à la mise en œuvre (de l'accord) jetteront les bases des pourparlers techniques ».

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a énuméré quatre points clés pour Téhéran dans ces négociations épineuses : la levée des sanctions, la question du nucléaire, la « reconstruction » et « le développement économique » du pays, ainsi que « la mise en place d'un mécanisme de suivi » des engagements pris.

Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué de son côté qu'un volet des négociations porte sur l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de 20 ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'un accord pourrait être trouvé pour une durée de 15 ans. Il a également affirmé que l'Iran serait contraint d'enrichir l'uranium à des niveaux faibles pour l'empêcher de l'utiliser militairement, et ce « pour toujours ». Il n'a toutefois pas précisé le pourcentage. À noter que le niveau de 3,67 % prévu dans l'accord conclu par Obama en 2015 (dont se sont retirés les États-Unis sous Donald Trump en 2018) écartait déjà un usage militaire, souligne le quotidien new-yorkais. Le républicain a prévenu que si aucun accord n'était conclu sur le nucléaire, il relancerait les attaques militaires contre Téhéran ou ferait des États-Unis « le gardien du Moyen-Orient » en échange de 20 % des revenus de la région.

Le flou entoure aussi le détroit d'Ormuz. Donald Trump a assuré au New York Times qu'il voulait faire de ce passage un endroit « définitivement libre de tout péage ». Quant à l'agence iranienne Fars, elle a indiqué que Téhéran avait ajouté au dernier moment des négociations avec les États-Unis une clause prévoyant l'imposition de redevances pour les services maritimes dans le détroit stratégique d'Ormuz. « L'utilisation du terme “services maritimes†(dans la version finale) signifie que les États-Unis exigeront le paiement de redevances à l'Iran », a précisé l'agence.

Enfin, on ignore encore si les négociations aborderont le programme balistique de l'Iran, ni son soutien aux groupes de la région opposés à Israël (Hamas, Hezbollah, Houthis, groupes armés irakiens).

• La question épineuse du Liban et d'Israël

L'accord trouvé comprend le Liban, où le Hezbollah (proche de l'Iran) et Israël sont en conflit ouvert malgré un cessez-le-feu. Comme l'explique Le Monde, c'est Téhéran qui a réussi à inclure son allié dans la cessation totale des hostilités, malgré l'opposition initiale de Washington (allié d'Israël). Mais l'État hébreu – qui avait attaqué l'Iran aux côtés des États-Unis le 28 février avant que le conflit n'embrase toute la région – ne l'entend pas de cette oreille.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont les relations sont au plus bas avec Donald Trump en raison des désaccords sur la poursuite de la guerre au Liban, n'a pas encore réagi à l'annonce. Le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir, chargé de la Sécurité nationale, a affirmé que « l'accord de Trump ne nous engage pas », appelant à intensifier les opérations militaires au Liban. Quant au ministre de la Défense Israël Katz, il a prévenu qu'Israël s'opposait « à un retrait de l'armée du Liban, malgré toutes les pressions existantes et celles à venir », ajoutant que Benjamin Netanyahu en avait informé le président américain.