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États-Unis : la Cour suprême annule une exécution à l'azote, méthode controversée mais plébiscitée par certains États

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  • La Cour suprême américaine a empêché jeudi l’État d’Alabama d’exécuter un homme par inhalation d’azote.
  • Cette méthode d’exécution est dénoncée par des experts de l’ONU comme cruelle et inhumaine.
  • Seule une poignée d’États ont opté pour cette solution.

Jeffrey Lee épargné in extremis. Cet Américain de 49 ans devait être exécuté vendredi 12 juin par inhalation d’azote pour le meurtre de deux personnes au cours d’un cambriolage en 1998. Sauf que la Cour suprême a empêché en urgence l’État de recourir à cette solution, au centre d’un vif débat aux États-Unis.

La demande de sursis ou d’annulation (…) soumise à la Cour est rejetée“, a indiqué la Cour suprême dans une ordonnance non signée rendue jeudi soir. Aucun motif n’est précisé, ce qui est courant pour les décisions prises en urgence. La méthode que s’apprêtaient à utiliser les autorités locales serait cependant à l’origine de ce choix : elle consiste en effet à diffuser de l’azote à l’état gazeux via un masque porté par le condamné, provoquant son étouffement par hypoxie (raréfaction d’oxygène). 

Le mode d’exécution “le plus humain jamais inventé”, selon l’Alabama

L’inhalation d’azote a été utilisée cinq fois en 2025, dont quatre en Alabama qui avait été le premier État à l'adopter en 2024. À l’époque, cet État républicain avait présenté l’hypoxie à l’azote comme “peut-être le mode d’exécution le plus humain jamais inventé”. Selon les autorités, elle permet de pallier les défauts de l’injection létale, utilisée par 28 États et le gouvernement fédéral. Certains évoquent en effet des difficultés pour trouver les médicaments nécessaires car les laboratoires pharmaceutiques ont interdit l'utilisation de leurs produits. D’autres ont mis en avant des soucis pour repérer les veines adéquates le jour de la condamnation. Cela est arrivé le 21 mai dernier, dans le Tennessee : Tony Carruthers, 57 ans, aurait dû être mis à mort dans la prison de Nashville pour des meurtres, mais le personnel médical n’a pas trouvé de veine pour l’injection.

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Conséquence : les États ont recherché d’autres solutions pour exécuter les condamnés à mort. L’Idaho a ainsi décidé de faire du peloton d'exécution sa principale méthode. De 1976, seules six personnes ont ainsi été exécutées, notamment trois en Caroline du Sud en 2025. Neuf États, dont la Floride, autorisent, eux, l'exécution par chaise électrique. 

Seuls quatre États utilisent quant à eux l’inhalation d’azote : l’Alabama, la Louisiane, l'Oklahoma et le Mississippi. Une méthode controversée : le protocole d’exécution par hypoxie à l’azote de l’Alabama ne prévoit par exemple pas de sédation, alors que l’Association américaine vétérinaire (AVMA) recommande d’administrer un sédatif aux animaux, même de grande taille, lorsqu’ils sont euthanasiés de cette façon. 

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Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, lui, avait considéré en 2024 que cette hypoxie “pourrait constituer de la torture ou d’autres traitements cruels ou dégradants au regard du droit international“. L’UE a également déploré une solution “particulièrement cruelle” et affirmé son opposition à la peine de mort “en toutes circonstances“. Cette dernière a été abolie dans 23 des 50 États américains. Trois autres, la Californie, l’Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire des exécutions sur décision du gouverneur.

T.G.