DANIEL SLIM / AFP
Une vue aérienne du Pentagone, à Arlington en Virginie, le 31 mai 2026.
Les discussions entre Washington et Téhéran se sont accélérées ces dernières heures, si bien que le ministre iranien des Affaires étrangères a assuré ce vendredi 12 juin qu'un accord entre les deux pays pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient n'avait « jamais été aussi proche ».
« Le mémorandum d'entente d'Islamabad (capitale du Pakistan, médiateur des négociations) n'a jamais été aussi proche. Dans l'attente de sa finalisation, les médias devraient s'abstenir de spéculer sur son contenu », a écrit Abbas Araghchi sur X, ajoutant que « tous les détails seraient communiqués au public en temps voulu ».
Peu avant cette déclaration, Donald Trump avait accusé l'Iran de faire circuler un faux texte d'accord. « Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit. Ce qu'ils ont dit, y compris leur déclaration faible et pathétique sur l'accord qui serait conclu, est sans rapport avec la réalité », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, en appelant l'Iran à se « ressaisir, et VITE ! ».
« Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux il est impossible de négocier de bonne foi », a-t-il ajouté, en annonçant par ailleurs que l'Iran avait lancé jeudi soir une attaque par drones « INACCEPTABLE » contre des bateaux indiens dans le détroit d'Ormuz, qui a été selon lui « totalement repoussée ».
Cinq points
« Voilà ce qu'ils (les Iraniens, NDLR) ont accepté », a indiqué en réponse un haut responsable américain à l'AFP, en exposant cinq points : « le matériau nucléaire (iranien) sera détruit et enlevé » ; « le programme nucléaire sera démantelé » ; « leurs fonds ne seront pas libérés avant qu'ils ne remplissent les termes » ; « le détroit d'Ormuz sera ouvert » ; « pas de financement des groupes terroristes par l'Iran ».
Plus tard dans la journée, un haut responsable américain a assuré à l'AFP que l'accord en discussion avec l'Iran « incluait le Liban », en se disant optimiste que le résultat final des négociations convienne également à Israël et aux pays du Golfe. Concernant de possibles réticences côté iranien, il a estimé qu'elles étaient « plutôt minimes », en jugeant qu'il existait un « large consensus » en faveur de l'accord à Téhéran, y compris au sein des Gardiens de la révolution, parmi les « tenants d'une ligne dure » et parmi les « autorités civiles ».
L'agence de presse iranienne officielle Irna a affirmé de son côté que Téhéran ne renoncerait pas au contrôle du détroit d'Ormuz et campera sur son droit à l'enrichissement nucléaire.
L'agence de presse iranienne Mehr, citant une source proche de l'équipe de négociation iranienne, a elle publié ce qu'elle a présenté comme le texte discuté, qui prévoit une « cessation permanente et immédiate des hostilités (…) y compris au Liban », « 60 jours de négociations pour parvenir à un accord sur les questions nucléaires et la levée complète des sanctions » américaines.
Elle a affirmé que le projet incluait la « libération de 24 milliards de dollars de fonds iraniens bloqués pendant la période finale de négociation de 60 jours ». Il prévoit également, selon elle, la « suspension des sanctions sur la vente » de pétrole et de produits pétrochimiques iraniens, et « la levée complète » du blocus américain des ports iraniens.
Selon Mehr, le projet souligne la nécessité pour les États-Unis et leurs alliés de verser à l'Iran des réparations pour les dommages subis pendant la guerre et « de présenter des plans de reconstruction (…) d'au moins 300 milliards de dollars ». « Les négociations finales ne débuteront pas avant la libération de la moitié des fonds iraniens bloqués, la suspension des sanctions visant le pétrole iranien et la levée du blocus naval », a-t-elle ajouté.





