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Tensions entre les États-Unis et lIran, prises de bénéfices, inflation… Les Bourses mondiales vacillent

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Les principaux indices mondiaux ont cédé du terrain mercredi, à quelques jours de la première réunion de la Réserve fédérale présidée par Kevin Warsh.

Les marchés boursiers mondiaux ont terminé en baisse mercredi, minés par une escalade des tensions entre Washington et Téhéran, un nouveau repli de valeurs de la tech et une accélération de l’inflation aux États-Unis. En Europe, Paris a perdu 0,51%, Francfort 0,97% et Milan 0,46%. Seule Londres a grappillé 0,27% grâce à ses majors pétrolières, qui ont profité d’une nouvelle hausse des prix du brut. Wall Street a terminé sur un repli plus net: l’indice Nasdaq a perdu 1,98%, l’indice élargi S&P 500 a reculé de 1,62%, et le Dow Jones s’est replié de 1,87%.

Les marchés sont «confrontés à des préoccupations géopolitiques» avec «une recrudescence des tensions entre les États-Unis et l’Iran», explique Angelo Kourkafas, analyste d’Edward Jones. Le président américain a estimé mercredi que les Iraniens avaient «mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux», ajoutant qu’ils allaient «devoir en payer le prix». Téhéran a, de son côté, annoncé avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes.

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Pétrole en hausse et craintes inflationnistes

Ces développements ont fait monter les cours du pétrole: le prix du baril de Brent a gagné 1,80% à 93,10 dollars et le baril de West Texas Intermediate a progressé de 2,08% à 90,03 dollars. Et attisent les craintes inflationnistes, ce qui crispe les Bourses. D’autant que les nations continuent de puiser dans leurs réserves de brut pour tenter d’endiguer la hausse des prix de l’énergie.

Aux États-Unis, les stocks stratégiques ont encore baissé fortement la semaine passée (-7,9 millions de barils), selon des chiffres de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) publiés mercredi. À ce rythme, ils sont bien partis pour atteindre un plus bas depuis plus de 40 ans dès la semaine prochaine.

À Wall Street, «l’on observe à nouveau des prises de bénéfices dans le secteur technologique après une très forte remontée qui a duré deux mois», note Angelo Kourkafas. Les valeurs liées à l’intelligence artificielle (IA), qui portent la Bourse de New York depuis des mois, sont ainsi particulièrement touchées depuis vendredi dernier. Mercredi, le géant des puces Nvidia a par exemple perdu 3,73% à 200,42 dollars.

Dans son sillage, d’autres grands noms du secteur des semi-conducteurs ont terminé dans le rouge mercredi, à l’image de Qualcomm (-6,92%), Broadcom (-5,12%), AMD (-4,86%) ou encore Intel (-0,82%). Même constat en Europe, où le titre Soitec a chuté de 10,56% à 125,35 euros, après que Jefferies a abaissé sa recommandation sur la société de «hold» (conserver) à «underperform» («sous-performance»). Cette volatilité survient à quelques jours de la cotation record de SpaceX, le 12 juin, à 75 milliards de dollars. L’entreprise OpenAI, à l’origine de ChatGPT, a elle aussi déposé son projet d’introduction en Bourse, une semaine après une annonce similaire d’Anthropic, son rival dans la course à l’IA.

La Fed sous pression

L’inflation a une nouvelle fois bondi le mois dernier aux États-Unis, première économie mondiale, à 4,2% sur un an, contre 3,8% en avril, soit son plus haut niveau en trois ans. Cette hausse s’explique notamment par la flambée du pétrole, avec la guerre au Moyen-Orient. Les chiffres sont globalement meilleurs qu’attendu, mais le «message d’ensemble reste que l’inflation est trop élevée et trop persistante pour permettre à la Réserve fédérale américaine (Fed) d’envisager une baisse de taux à court terme», souligne Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier AM.

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Or, la Fed est déjà de plus en plus sous pression pour restreindre sa politique monétaire afin de lutter contre cette remontée de l’inflation. La prochaine réunion de l’institution aura lieu les 17 et 18 juin. Elle sera la première de son nouveau président, Kevin Warsh, dont la nomination a été proposée par Donald Trump. Ce dernier réclame, au contraire, des baisses de taux.