Les Bleus vont-ils marquer l’histoire en arrachant un triplé : une troisième victoire à la Coupe du monde, après 98 et 2018 ? La ferveur des Français pour leur équipe est toujours là . Mais comment la France est-elle devenue une grande nation du football ? Retour sur la saga des Bleus, un siècle de passion française, avec par moments des crises tumultueuses.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Quelques notes de musique, un but mythique, et nous voici à nouveau le 12 juillet 1998. Pour la première fois, la France est championne du monde de football. L’euphorie gagne les rues du pays, du jamais vu dit-on, depuis la Libération. C’est l’effet Coupe du monde, une compétition hors norme. Tout a commencé en 1930 en Uruguay : à l’origine, un Français, Jules Rimet, alors président de la Fifa.
Quatre équipes européennes seulement, dont l’équipe de France, traversent l’Atlantique à l’occasion d’un événement qui va se dérouler dans une relative indifférence : la première Coupe du monde de football. C’est encore un Français, Lucien Laurent, qui marquera d’ailleurs le tout premier but de l’histoire de la Coupe du monde. Le premier fait d’armes des Bleus, c’est 1958. La France de Raymond Kopa et Just Fontaine se classe troisième du Mondial en Suède. Just Fontaine a marqué 13 buts durant la compétition, un record absolu.
Mais en Coupe du monde, la victoire a longtemps échappé à la France. Aujourd’hui encore, un match résonne comme un traumatisme pour toute une génération : Séville, 1982. Schumacher, Battiston, la violence d’un choc. L’arbitre n’a pas sifflé faute. Les Français ne lui ont jamais pardonné. “Quand on pense que sur l’action de Patrick Battiston, il a deux dents cassées, qu’il est dans le coma et qu’il ne siffle pas penalty, c’est un scandale”, dénonce alors Michel Platini, capitaine de l’équipe. La rivalité France-Allemagne dans toute sa dramaturgie. Les Bleus de Platini, Tigana, Giresse battus en demi-finale en 82, donc, puis en 1986.
Coupe du monde, après Coupe du monde, le grand public se prend au jeu. Le ballon rond n’est plus seulement une affaire de spécialiste, ni de garçons. Les supporters se féminisent. “On pénètre dans un univers complètement masculin qui nous était interdit jusqu’ici. Je ne suis pas sûre qu’ils soient ravis d’ailleurs qu’on s’intéresse au foot parce qu’ils aimaient bien regarder ça entre eux en buvant de la bière, en étant en pantoufles et en insultant l’arbitre”, analyse à l’époque Hélène Mathieu, rédactrice en cheffe du magazine Marie Claire en 1998.
Les matchs se vivent ensemble, chez des amis, dans des bars, devant des écrans géants, comme en 2006, lorsque la finale Italie-France se joue sur un coup de tête, celui de Zinedine Zidane, le héros du pays. Le foot devient un sujet de société scruté, commenté, jugé. À ce titre, la une du journal L’Équipe le 19 juin 2010, est un coup de tonnerre dans l’histoire du foot français. À Knysna, en Afrique du Sud, les Bleus inventent la grève en pleine Coupe du monde. Une équipe en perdition et tout un pays qui y voit son image ternie. Après le quart de la honte, le bus de la victoire, qui passe d’ailleurs un peu trop vite au bout des supporters sur les Champs-Élysées.
En 2018, la génération Griezmann-Mbappé remporte une deuxième Coupe du monde. La France affirme son statut de grande nation du football, actuellement troisième au classement mondial et évidemment l’une des favorites à la victoire cet été.






