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Les États-Unis frappent l'Iran après la destruction d'un hélicoptère : "Donald Trump n'avait pas le choix", selon un spécialiste

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Donald Trump avait annoncé une riposte après la destruction d’un hélicoptère américain au-dessus du détroit d’Ormuz. Des frappes qui ont déclenché une riposte iranienne contre des bases américaines dans le Golfe. Romuald Sciora, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'IRIS estime que “Donald Trump a perdu la maîtrise de l’escalade militaire.”


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Les États-Unis frappent l'Iran après la destruction d'un hélicoptère : "Donald Trump n'avait pas le choix", selon un spécialiste

Donald Trump, le 9 juin 2026 (SAUL LOEB / AFP)

Alors que la trêve entre Israël et l’Iran est fragilisée depuis le début de semaine, les opérations armées reprennent entre Américains et Iraniens. Les États-Unis ont frappé plusieurs villes iraniennes proches du détroit d’Ormuz dans la nuit du 9 au 10 juin. Des opérations de représailles menées après la destruction d’un hélicoptère américain Apache, et alors même que Donald Trump affirmait – une nouvelle fois – qu'un accord avec l'Iran était proche. Dans la foulée, Téhéran annonce avoir répliqué par des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie, déplorant que les négociations soient mises à mal par les frappes américaines. D’après Romuald Sciora, essayiste franco-américain, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'IRIS, auteur de America 250, une histoire graphique des États-Unis, publié aux éditions Point Némo “à moins que les deux parties se calment, le cessez-le-feu semble être rompu.”

franceinfo : Après la destruction de cet hélicoptère par les Iraniens, les États-Unis pouvaient-ils ne pas répliquer ?

Romuald Sciora : Donald Trump essaie depuis des semaines de se sortir du bourbier iranien pour reconquérir sa base MAGA, qui est en train de s’éloigner de lui. Il veut tourner la page vis-à-vis de son opinion publique et il cherche une sortie de secours. Il est prêt à beaucoup de compromis, il quémande presque un accord aux Iraniens pour sortir du conflit la tête haute, mais là il n’avait pas le choix. Après la destruction de cet hélicoptère, Donald Trump ne pouvait pas faire autrement que de répliquer.

“C’est sa crédibilité à l’intérieur même du pays qui était en jeu.”

Romuald Sciora, essayiste franco-américain, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'IRIS

à franceinfo

Les Américains aimeraient que cela s’arrête là, mais la frange la plus radicale du gouvernement iranien veut répliquer. C'est un mauvais calcul des deux côtés, car les Iraniens n’ont pas intérêt non plus à la reprise de la guerre. À moins que les deux parties se calment, le cessez-le-feu semble être rompu. Le 250e anniversaire des États-Unis, le 4 juillet, devait être le sacre de Donald Trump, mais les élections de mi-mandat s’annoncent très difficiles.

Le Congrès américain a voté récemment pour la fin de la guerre en Iran. C'était déjà un revers symbolique pour Donald Trump ?

Attention, il y a effectivement quatre élus républicains qui ont voté aux côtés des Démocrates pour exiger l'arrêt des combats, mais ce sont toujours les mêmes, ils votent toujours avec les Démocrates pour faire barrage au président. Il n'y a pas de révolte, le Parti républicain suit encore Donald Trump comme un seul homme. Mais effectivement, au niveau symbolique, ce vote était important vis-à-vis de l’opinion américaine et de la base MAGA. Il faut bien admettre que Donald Trump est fragilisé. Il a perdu la maîtrise de l’escalade militaire.

L'armée israélienne a frappé Beyrouth malgré l'opposition de Donald Trump. Peut-on dire que les Américains ont été humiliés ?

Tout à fait. Au Liban, Benyamin Nétanyahou est devenu le caillou dans la chaussure de Donald Trump. Il s’obstine à bombarder le Liban, alors que pour les Iraniens, l'arrêt de la guerre au Liban est une condition essentielle de la signature d'un accord avec les États-Unis. Bien évidemment c’est un affront fait à Donald Trump. On peut se demander jusqu’à quand Benyamin Nétanyahou pourra s’opposer à son allié américain, néanmoins on peut dire que Donald Trump est en train de mener une guerre sur deux fronts, l'Iran d'un côté et Israël de l'autre.