ENQUÊTE – Les attaques de l'Administration américaine sur les sciences du climat inquiètent les experts de l'observation de la Terre. L'Europe est en première ligne face aux reculs américains.
« Pour la première fois en plus de trente ans de carrière, on est confronté à un système d'observation de la Terre qui se détériore. » Peter Thorne est vice-président du GCOS, le Système mondial d'observation du climat, instance qui, sous l'égide de l'ONU, soutient la coopération internationale en matière d'observations météorologiques et climatiques. Dans ces domaines, cette coopération est indispensable : impossible de prédire le temps qu'il fera dans 48 heures en France – et dans ses territoires ultramarins disséminés à travers le monde – sans savoir ce qu'il se passe sur l'ensemble du globe. Or le président américain Donald Trump, qui considère le changement climatique comme une « arnaque », entend sabrer dans la plupart des capacités futures d'observation de la Terre de la Nasa et de la NOAA (l'Agence d'observation océanique et atmosphérique). « On assiste déjà à un renversement de près de quatre-vingts ans d'améliorations continues des capacités d'observation »





