Finalement, seul le nom a changé. Son tout premier projet s'appelait « Le Théâtre du pain ». Déjà cette volonté de faire de la boulangerie un espace de rencontre et de gourmandise. Comme à la maison, quand sa maman le régalait avec ses spécialités. Une recette que Jean-François Feuillette, originaire de Conflans-en-Jarnisy, revendique plus que jamais à travers son nouveau concept de « salon de thé à la française ».
Nous sommes ce jour-là à Augny, au sud de l'agglomération messine. Ici aussi, l'entrepreneur lorrain, ancien apprenti chez Pierre Hermé à Paris, joue à domicile. À quelques kilomètres de Jarny où le quadragénaire a grandi, il est en terrain conquis. Des selfies avec des clients, un mot pour chaque membre de son équipe. Malgré les 114 boulangeries-pâtisseries de son groupe, ses cinq cafés, son bouillon Chez Lucette à Tours et ses 4 500 salariés — « 5 000 avant la fin de l'année », précise-t-il — , Jean-François Feuillette conserve les réflexes d'un commerçant de proximité. Il traverse sa boutique en observant chaque détail. « Le premier truc que je regarde, c'est la vitrine », glisse-t-il, passionné. « Est-ce qu'on a de beaux produits ? Est-ce qu'on donne envie ? »
« Des lieux de vie »
Dans cet espace lumineux de plus de 500 m², tout reflète son obsession de la convivialité : les gâteaux, les sandwichs et les pains parfaitement alignés, les photos de famille savamment disposées dans un décor cosy et chaleureux. Le quadragénaire touche toutes les générations, le temps d'une boisson ou d'une tentation, sucrée ou salée. « Je construis mes enseignes comme des lieux de vie », revendique-t-il.
Le Café Feuillette, qu'il inaugure ce jeudi rue Notre Dame à Nancy, est le sixième de son réseau. « C'est mon nouveau bébé », sourit-il. L'idée ? Revenir au cœur des centres-villes et « désaméricaniser le coffee-shop » avec les mêmes ingrédients qui ont fait son succès en périphérie des agglomérations.
Quelques heures plus tôt, le chef d'entreprise célébrait, en Meuse, les 30 ans de l'IGP Mirabelle de Lorraine, dont il est ambassadeur. « La tartine beurre confiture et la tarte à la mirabelle quand le fruit est mûr et juteux, c'est le goût de mon enfance  ».
1Â 500 demandes de franchise
Jean-François Feuillette le reconnaît volontiers : il ne tient pas en place. La veille de notre rendez-vous, il était à Fréjus, puis à Strasbourg avant de rejoindre la Moselle et… Tours où le jeune papa vit désormais. À Blois, à côté de son laboratoire qui emploie déjà 200 personnes, un second site à 35 millions d'euros est en construction. « On prépare notre développement en Europe mais aussi à Houston, aux États-Unis ». Le jeune apprenti s'est fait un nom. « En 2025, on a été la franchise la plus demandée toutes activités confondues », se félicite-t-il. « Sur 1 500 candidatures, nous n'avons validé qu'une quarantaine de dossiers. » L'exigence d'une marque de fabrique qui aiguise beaucoup d'appétit.





