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Raul Castro inculpé par les États-Unis, que reproche Washington à lex-président cubain

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Raul Castro inculpé par les États-Unis, que reproche Washington à lex-président cubain

YAMIL LAGE / AFP

Raul Castro, ici à La Havane à Cuba le 1er mai 2026, à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs.

Un grand bond en arrière. Dans un développement spectaculaire, la justice américaine a inculpé ce mercredi 20 mai l'ex-président cubain Raul Castro, dans une affaire remontant à 1996, lorsque deux avions civils pilotés par des opposants à Fidel Castro avaient été abattus.

Raul Castro, 94 ans, est accusé avec d'autres personnes de complot en vue d'assassiner des Américains, ainsi que d'autres chefs de poursuite, selon un acte d'accusation rendu public. Il était alors ministre de la Défense lors du déclenchement de cette affaire.

« Mon message aujourd'hui est clair : les États-Unis et le président Trump n'oublient pas et n'oublieront pas leurs citoyens », a commenté le ministre américain de la Justice Todd Blanche lors d'une conférence de presse, en dévoilant l'acte d'inculpation de l'ancien dirigeant cubain.

Donald Trump a lui jugé qu'une « escalade » ne serait pas nécessaire à Cuba, tout en qualifiant de « très grand jour » l'inculpation de Raul Castro.

Auparavant, les États-Unis ont appelé les Cubains à choisir « une nouvelle voie ». Dans un message vidéo en espagnol adressé à la population cubaine, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a accusé les dirigeants communistes de vol, de corruption et de répression.

« Le président Trump propose une nouvelle voie entre les États-Unis et un nouveau Cuba (…) où vous avez véritablement la possibilité de choisir qui gouverne votre pays et de voter pour le remplacer s'il ne fait pas bien son travail », a déclaré Marco Rubio dans ce message qui s'apparente à un appel à l'insurrection.

Une aide américaine de 100 millions de dollars

« Aujourd'hui, Cuba n'est pas contrôlé par une quelconque “révolutionâ€, Cuba est contrôlé par Gaesa », a-t-il poursuivi, faisant référence à ce conglomérat d'entreprises qui possède, selon lui, « 18 milliards de dollars d'actifs et contrôle 70 % de l'économie cubaine ».

« Ils tirent profit des hôtels, du bâtiment, des banques, des magasins et même de l'argent que vos proches vous envoient depuis les États-Unis : tout, absolument tout, passe entre leurs mains », a-t-il dit.

Le secrétaire d'État américain a renouvelé l'offre d'une aide américaine de 100 millions de dollars, qui serait distribuée via des organisations caritatives.

Le chargé d'affaires américain à La Havane, Mike Hammer, a discuté lundi avec des représentants du ministère cubain des Affaires étrangères de cette offre, a assuré mardi un responsable américain.

L'appel de Marco Rubio survient dans un contexte de fortes tensions entre Washington et La Havane et de crise économique et énergétique dans l'île caribéenne, qui subit d'interminables coupures d'électricité en raison du blocus pétrolier américain.

La date symbolique du 20 mai pour Cuba

Après avoir capturé en janvier le président vénézuélien Nicolas Maduro, qui est en détention aux États-Unis, l'administration Trump s'emploie à mettre une pression maximale sur Cuba dans l'espoir d'un changement de régime dans l'île située à quelque 145 kilomètres des côtes de Floride.

L'annonce intervient le 20 mai, qui est, historiquement, le jour où la République de Cuba a été proclamée, en 1902, après l'indépendance vis-à-vis de l'Espagne et la fin de l'occupation militaire américaine. Le gouvernement communiste de l'île met en avant d'autres dates comme avènement de la Révolution castriste le 1er janvier 1959 car il considère qu'après 1902 l'île est restée de facto sous la domination de Washington.

« Il s'agit d'une manœuvre politique, sans aucun fondement juridique, qui ne cherche qu'à grossir le dossier qu'ils fabriquent pour justifier l'insensé projet d'une agression militaire contre Cuba », a commenté le président cubain, Miguel Diaz-Canel, sur X.

« Intervention, ingérence, spoliation, frustration. Voilà ce que signifie le 20 mai dans l'histoire de #Cuba », avait-il écrit auparavant dans un autre message, sans faire directement allusion au message de Marco Rubio. Selon ce dernier, lui-même d'origine cubaine et farouche opposant à La Havane, « si vous êtes contraints de passer 22 heures par jour sans électricité, ce n'est pas à cause d'un “blocus†pétrolier imposé par les États-Unis ». « La véritable raison pour laquelle vous manquez d'électricité, de carburant et de nourriture, c'est que ceux qui contrôlent votre pays ont détourné des milliards de dollars, sans qu'aucune somme n'ait été utilisée pour venir en aide à la population », a-t-il dit.

Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington impose à l'île depuis janvier un blocus pétrolier total, ayant autorisé l'arrivée d'un seul pétrolier russe.