Nouvel affrontement entre l’administration Trump et les grandes universités américaines. Le ministère américain de la Justice a accusé jeudi l’école de médecine de l’université de Yale, l’un des établissements les plus prestigieux des États-Unis, de pratiquer une discrimination envers les candidats blancs et asiatiques dans ses procédures d’admission.
Dans un communiqué, le ministère affirme que l’enquête menée sur les politiques de diversité de l’université a mis au jour des pratiques contraires au droit fédéral. “Des documents internes à Yale montrent que sa direction a intentionnellement sélectionné des candidats en fonction de leur race”, assure le département de la Justice. Selon les autorités américaines, “les étudiants noirs et hispaniques ont une chance bien plus élevée d’être admis à Yale que les étudiants blancs ou asiatiques ayant les mêmes résultats aux tests”.
Cette attaque s’inscrit dans la vaste campagne engagée par Donald Trump contre les universités américaines, accusées par les conservateurs de promouvoir une idéologie “woke” et des politiques jugées trop progressistes en matière de diversité et d’inclusion. Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, le président républicain a multiplié les offensives contre les établissements d’enseignement supérieur, utilisant notamment les financements fédéraux comme moyen de pression. Interrogée par l’AFP, l’université de Yale a indiqué qu’elle allait “étudier attentivement” les demandes du ministère de la Justice. L’école de médecine s’est dite “confiante dans la rigueur de son processus d’admissions”, selon un porte-parole.
Le ministère reproche notamment à Yale de ne pas avoir appliqué correctement la décision historique rendue par la Cour suprême des États-Unis en 2023. Cette dernière avait jugé illégales les politiques de discrimination positive utilisées depuis des décennies par de nombreuses universités américaines pour favoriser la diversité dans le recrutement des étudiants.
Selon l’administration Trump, Yale aurait continué à prendre en compte l’origine ethnique des candidats malgré cette décision. Avant d’engager d’éventuelles poursuites judiciaires, le ministère de la Justice affirme toutefois vouloir “conclure un accord de résolution amiable avec l’université” afin qu’elle se mette “en conformité avec la loi”.






