« Que représentait Éric Roy dans votre vie ?
C’était comme un grand frère. On se connaît depuis le centre de formation de Nice. Il adorait mon père, qui l’avait formé. Il avait un amour immense pour lui, et c’est aussi ce qui nous a rapprochés. On parlait de lui tout le temps. On est devenus copains, puis amis, puis inséparables. La vie nous a même fait le cadeau de jouer ensemble pendant un an à l’OM (en 1996-1997). J’ai débuté en Ligue 1 à ses côtés. On a partagé tellement de choses : les matches, le golf, les vacances, la vie tout simplement. C’est le grand frère que je n’ai jamais eu.
Son aventure brestoise restera comme l’une des plus belles histoires de la Ligue 1…
Je me suis même découvert une passion pour le Stade Brestois grâce à lui. Je passais mes dimanches après-midi à regarder ses matches, à sauter sur mon canapé devant des Brest-Angers. L’amitié, c’est ça. Le Stade Brestois, les supporters, le président Le Saint, ses joueurs, Greg Lorenzi (directeur sportif) lui ont offert trois années inespérées, extraordinaires. Il faut les remercier. Ça a changé sa fin de vie. Sans eux, on aurait peut-être perdu mon pote beaucoup plus tôt. Cette aventure humaine et sportive a été extraordinaire. Elle l’a maintenu debout. Pendant deux ans, je lui répétais : “Tu es un lion.” Et il me répondait : “Ça me porte, ça m’aide.” C’était incroyable. Il était profondément reconnaissant envers le peuple brestois.
Dans le milieu, cela faisait plusieurs mois qu’on le savait malade…
Jusqu’au bout, le secret aura été gardé… Concernant la révélation publique de sa maladie, on avait essayé de le prévenir en lui disant que ça allait forcément sortir un jour. Mais il était très serein. Il avait une immense confiance en certains journalistes. Et aujourd’hui, je veux leur dire merci. Tout le monde savait, mais il y a eu de la dignité. C’est presque réconfortant. L’amitié, la dignité, le respect dont la presse a fait preuve, c’est réconfortant. Il méritait de partir paisiblement, loin du tumulte. Il n’y a jamais eu de fuite. Depuis l’annonce, j’ai reçu des centaines d’appels. Imagine si l’information était sortie avant…
Les hommages sont partout…
Ce soir, je vais faire l’émission de Mémé (L’Équipe du soir) pour lui, même s’il n’était pas vraiment dans l’émotion. Ce n’était pas quelqu’un de très tactile, mais il était devenu beaucoup plus doux ces derniers temps. C’est lui qui me rassurait alors que j’avais peur de perdre mon frère. On n’est jamais prêt. Ça arrive toujours à un moment où l’on pense l’être, mais on ne l’est pas.
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