La Coupe du monde débute jeudi soir à Mexico, élargie à 48 équipes contre 32 en 2022, et les prix des billets s’envolent. Pour l’économiste du sport Vincent Chaudel, cofondateur de l'Observatoire du sport business, le modèle économique de la compétition “a des limites pour les supporters.”
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C’est un Mondial XXL qui s’ouvre, jeudi 11 juin, au soir avec la rencontre Mexique-Afrique du Sud à l’Estadio Azteca de Mexico. Trois pays hôtes, les États-Unis, le Mexique et le Canada, une durée record de 39 jours, contre 29 au Qatar en 2022, et 48 nations représentées, 16 de plus que lors de la précédente édition. La FIFA “réfléchit à passer la prochaine Coupe du Monde à 64 nations”, “même si sportivement, cette augmentation n’est pas souhaitable”, estime Vincent Chaudel, économiste du sport, Cofondateur de l'Observatoire du sport business
franceinfo : La FIFA table sur une hausse de 56% des recettes par rapport au Mondial 2022. Est-ce lié surtout au plus grand nombre de matchs ?Â
Vincent Chaudel : En France on a eu le “travailler plus pour gagner plus”, ici l’idée c'est jouer plus pour générer plus de recettes et redistribuer plus, a priori, pour les fédérations. On passe de 32 à 48 nations, ça fait 50 matchs de plus qu'en 2022, c’est-à -dire 104 matchs à commercialiser auprès des médias, des sponsors et à vendre en terme de billetterie. Les recettes, ce sont les droits télé, les VIP, le sponsoring, les produits dérivés et la billetterie, dont les tarifs sont le reflet du marché américain.Â
En quoi consiste le système de billetterie dynamique mis en place par la Fifa ?Â
La billetterie dynamique, on la connaît quand on veut prendre le train ou l’avion. C’est la loi de l’offre et de la demande, on appelle ça du yield management.
“Beaucoup de monde veut voir jouer le Brésil, donc pour voir les trois matchs de poule, ça coûtera quasiment 4000 dollars.”
Vincent Chaudel, économiste du sport, Co-fondateur de l'Observatoire du Sport Businessà franceinfo
Mais pour voir les trois matchs de l’équipe d’Iran, ça coûtera moins de 1000 dollars. Évidemment, selon les équipes qui seront en quart de finale, en demi-finale ou en finale, les billets, s’ils ne sont pas encore vendus, vont flamber. À la revente ce sera peut-être pire. C’est la même chose avec le Super Bowl, sur le marché américain on voit des places qui peuvent aller au-delà de centaines de milliers de dollars.
Est-ce que ce modèle économique que teste la FIFA, avec ces prix exorbitants, n'a pas atteint ses limites ?Â
Ce modèle économique a des limites pour les supporters, en fonction de leur pouvoir d'achat. Pas pour les sponsors, qui vont être diffusés, d'après les audiences attendues, à 5,4 milliards de personnes dans le monde. Pas non plus pour les fédérations, puisque chaque pays qui participe à cette Coupe du monde va récupérer au moins 10 millions de dollars. Pour une nation comme le Curaçao, c’est comme gagner au loto. Donc, même si sportivement, cette augmentation n’est pas souhaitable — en tout cas moi, en tant que supporter de football, ce n’est pas mon intérêt —, la FIFAréfléchit à passer la prochaine Coupe du Monde à 64 nations, 32 de plus qu'en 2022 au Qatar.
“De toute façon, une Coupe du Monde aux États-Unis, c’est cher.”
Vincent Chaudel, économiste du sport, Co-fondateur de l'Observatoire du Sport Businessà franceinfo
Au-delà du prix du billet, il va falloir, pour ceux qui veulent y aller, prendre le billet d’avion, prendre les hôtels qui seront au prix du marché américain, pas au prix du marché français, il va falloir se nourrir et se déplacer sur place.Â
Il reste 176 000 tickets à vendre pour la phase d’ouverture, d'après le Financial Times. Est-ce un problème pour les organisateurs ? Â
Gardons à l’esprit qu'avec 104 matchs, si vous vendez juste 50 000 places par rencontre en moyenne, ça veut dire que vous avez écoulé 5,2 millions de billets. Et s’il en reste au final 200 000 qui ne sont pas vendus, ça veut dire que vous avez vendu plus de 98,5% de vos billets. Donc, on peut dire que c’est un échec, qu’il y a un problème, mais quand la FIFA a mis en place ce système de billetterie, il y a eu un demi-milliard de demandes de billets.

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