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Je vais viser la victoire finale : pourquoi Seixas peut (déjà) avoir de grandes ambitions sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, à un mois du Tour de France

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Le Lyonnais qui n’a plus couru depuis le 26 avril, retrouve la compétition, dimanche, afin de peaufiner sa préparation pour le Tour de France, mais pas seulement.

A moins d’un mois du Tour de France, les choses sérieuses se précisent pour Paul Seixas. Le grand espoir du cyclisme français retrouve la compétition, dimanche 7 juin, au Tour Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), nouveau nom du Critérium du Dauphiné depuis cette année. L’habituelle course de préparation à la Grande Boucle, qui s’élancera le 4 juillet de Barcelone, donnera de vrais indicateurs de la montée en puissance du Français, sur un parcours extrêmement escarpé avec aucune étape de plat au programme.

Si la concurrence sera dense, avec Isaac del Toro, Joao Almeida, Juan Ayuso, Matteo Jorgenson voire Kévin Vauquelin, Paul Seixas arrive, presque malgré lui, dans la peau du favori à la victoire finale, pour sa deuxième participation seulement. Voici pourquoi.

Parce que Pogacar et Vingegaard sont absents

Posons le constat d’emblée : si Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard étaient alignés au départ de la course, ils auraient été les grands favoris à la victoire finale, même en présence de Paul Seixas. Le Slovène a choisi de faire l’impasse pour parfaire sa préparation du Tour à l’abri des regards, tandis que le Danois sort d’un Giro remporté avec la manière, et va désormais essayer de récupérer au maximum avant le départ de la Grande Boucle.

Les deux derniers vainqueurs du Tour de France depuis 2020 laissent donc le champ libre aux outsiders, et Paul Seixas se place déjà en première ligne, notamment après sa victoire écrasante au Tour du Pays Basque, où il avait récolté tous les maillots distinctifs, et son début d’année exceptionnel, avec sept victoires en 15 jours de course et une 7e place au classement UCI (il était 67e à l’issue de la saison dernière).

Il sera déjà intéressant de situer son niveau en haute montagne face à des coureurs référencés comme Isaac del Toro (UAE-Emirates XRG), leader du Giro jusqu’à l’avant-dernier jour l’an passé, Juan Ayuso (Lidl-Trek) ou encore Matteo Jorgenson, lieutenant habituel de Jonas Vingegaard et 10e de la Vuelta en 2025.

Le Français, qui n’a pas l’habitude de modérer ses ambitions, vise “la victoire finale” sur ce Tour AURA. Afin aussi d’envoyer un message au Slovène et au Danois en vue de son premier Tour de France, et semer autant que possible le doute dans leur tête. “Il a réalisé un très gros début de saison. Le cap qu’il a passé par rapport à l’an passé est immense. Il sera un sacré concurrent pour chacun des deux”, anticipait cette semaine le coureur allemand Florian Lipowitz (Red-Bull-Bora hangrohe), 3e du dernier Tour de France, auprès d’Eurosport Allemagne.

Parce qu’il sort d’une grosse préparation

Comme beaucoup de favoris du Tour de France, Paul Seixas est passé par un stage de préparation en Sierra Nevada (Espagne) en mai pour encaisser des charges de travail importantes, monter son niveau plancher et travailler des axes particuliers qui lui seront bénéfiques pour sa première Grande Boucle.

Lors de ce stage en altitude, Paul Seixas a réalisé des données impressionnantes, avalant 47 700 mètres de dénivelé positif en 1 880 kilomètres, le tout étalé sur seulement 16 jours, selon ses données publiées sur l’application Strava. En comparaison, le Tour d’Italie 2026 comptait 48 000 mètres de dénivelé positif, et le Tour de l’an passé 52 000, mais en cinq jours de plus (21 étapes contre 16 pour le stage de Seixas). “J’aborde ce Tour Auvergne-Rhône-Alpes avec beaucoup d'ambitions, après trois semaines de préparation en altitude, en Sierra Nevada, où j’ai enchaîné de gros blocs de travail en insistant sur les ascensions longues”, explique-t-il dans le communiqué de son équipe.

Sur ce Tour AURA, Paul Seixas pourra aussi juger de ses progrès en récupération tout au long de la semaine, une donnée encore inconnue puisqu’il n’a jamais couru de course de plus d’une semaine. “Cette semaine sera importante pour moi car je vais pouvoir comparer mes sensations, notamment en termes de récupération, à celles de l'année dernière, quand j'avais terminé 8e de la course”.

“Il a une résistance importante à la fatigue. Cela se développe généralement avec l’expérience et l’âge, mais lui l’a déjà“.

Stephen Barrett, directeur de l’entraînement chez Decathlon CMA-CGM

à Velo

Le week-end dernier, Paul Seixas a fait un crochet par les Pyrénées afin d’y reconnaître notamment la 6e étape du Tour de France, entre Pau et Gavarnie-Cèdre. A l’entraînement, le Lyonnais y a réalisé le… meilleur temps sur un versant – qui ne sera pas celui escaladé lors de l’édition 2026 – du col du Tourmalet, battant de plus de 30 secondes les anciens records, réalisés en course lors de l’édition 2025 de la Grande Boucle. Signe que la préparation semble idéale.

Parce qu’il aura sa garde rapprochée avec lui

Depuis l’annonce émouvante de sa participation au Tour de France, se dessine progressivement l’équipe qui va entourer Paul Seixas en juillet. Et elle devrait ressembler à celle présente sur le Tour AURA : les grimpeurs Matthew Riccitello, 5e du dernier Tour d’Espagne, Aurélien Paret-Peintre, vainqueur d’étape sur le Giro, et Nicolas Prodhomme, à qui Paul Seixas avait offert sa première victoire professionnelle au Tour des Alpes l’an passé.

La présence des deux rouleurs Dan Hoole et Stefan Bissegger donne également un indicateur sur leur présence en juillet, qui débutera par un contre-la-montre par équipes, exercice également présent sur ce Tour AURA (3e étape).

Si quelques noms de l’équipe du Tour restent encore à préciser, Paul Seixas va pouvoir faire un test grandeur nature avec sa garde rapprochée, à partir de dimanche. “Sur des routes que je connais très bien, celles de ma région, je vais viser la victoire et approfondir encore les repères que l'on a mis en place depuis le début de l’année avec toute l'équipe en vue du Tour de France”, a dévoilé le Lyonnais de 19 ans.

“Il a compris que la clé résidait dans le fait d’emmener chacun de ses coéquipiers dans un projet collectif mais qui est, au final, le sien, souligne à Velo Magazine Jean-Baptiste Quiclet, responsable performance chez Decathlon CMA CGM et qui suit le jeune crack depuis longtemps. Ce qui est bien avec lui, c’est qu’il ne se défile pas. Il ne rejette la responsabilité sur personne en cas d’échec.”