S’il s’est incliné au troisième tour, samedi, le Français de 17 ans s’est fait un nom sur cette édition, et prend acte pour le futur.
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Le 11 janvier dernier, Moïse Kouamé remportait son premier tournoi chez les pros, à Hazebrouck (Nord), dans l’anonymat naturel qu’impose normalement son âge. Moins de six mois plus tard, le Français de 17 ans a passé deux tours dès son premier Roland-Garros, avec, par deux fois, les 10 000 personnes du court Suzanne-Lenglen qui ont scandé son prénom des heures durant.
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Battu après une rude bataille face à un vrai client sur terre battue en la personne du Chilien Alejandro Tabilo, Moïse Kouame aura passé plus de 10 heures sur le court pendant ce Roland-Garros. De quoi lui permettre de réaliser l’étendue de son talent, déjà , et ensuite de trouver les ressources nécessaires pour changer de monde et enchaîner les résultats dans des matchs en trois sets gagnants.
“Clairement, c’est dur de jouer ce niveau-là plusieurs fois. Cependant, avec quelques matchs à venir comme celui-ci, dans ma sacoche à expériences, ce sera plus simple”, a expliqué l’intéressé en conférence de presse, maillot du PSG sur les épaules, quelques minutes après la victoire du club parisien en Ligue des champions, une “petite consolation de mon match perdu”, avoue-t-il le sourire en coin.
Vient donc l’heure du bilan pour celui qui avait reçu une invitation de la FFT, puisque son classement actuel (318e) ne lui permettait pas d’intégrer directement le tableau principal. “De façon générale, je suis content de la semaine passée ici. Il y a beaucoup de choses positives que j’ai apprises me concernant”, résume-t-il, évoquant ses ressources physiques et mentales. “J’ai toujours su que j’étais quelqu’un qui n’abandonnait jamais, qui peut renverser des matchs, parce que je l’ai fait beaucoup de fois dans ma jeunesse. ‘Ma jeunesse’, vous m’avez compris…!”, faisant éclater de rire la salle de presse.
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Perdre face au terrien Alejandro Tabilo – qui lui rendait 282 places au classement ATP – est très loin d’être déshonorant, mais il y a sans doute quelques regrets d’avoir manqué les occasions d’emmener le Chilien dans un cinquième set irrespirable. Mais Moïse Kouame n’en prend pas ombrage. “Il y a toujours une partie qui est un peu déçue après une défaite. En tant que compétiteur, j’ai toujours envie de gagner. Malheureusement, ça ne peut pas arriver tout le temps, et je le sais. C'est pour ça que la plus grande partie de moi pense au prochain match”, assure celui qui sera au tournoi de Lyon (ATP 250) dans une semaine, comme il l’a annoncé. “Ce n’est une défaite qui me pose problème, mais plutôt qui me fera grandir”, estime-t-il.
“C’est une défaite ou j'ai appris beaucoup de choses sur moi, et qui m'a peut être apporté plus que mes deux victoires.”
Moïse Kouaméen conférence de presse
Après l’effervescence de Roland-Garros, retour au circuit traditionnel et parfois aux courts plus intimistes, où il y a aura parfois seulement une poignée de personnes. Transition compliquée ? “Non, je ne redoute pas du tout. Je peux faire avec et je peux faire sans. Passer de Roland-Garros à Lyon ne va pas être une transition qui va être dure parce que je joue chaque match comme si c’était le dernier”, évacue l’intéressé.
Sacrément lucide pour son âge, Moïse Kouame sait déjà que l’après révélation n’est pas toujours une sinécure, comme a pu le constater Loïs Boisson après son épopée de l’an passé. “Si après ce tournoi, j’ai des mois un peu compliqués, c’est normal, cela fait partie de la vie d’un sportif. Et si tout roule très bien, tant mieux, je touche du bois.“
“Le plus important, c’est de me concentrer sur moi, rester heureux, que ce soit à Roland ou n’importe où, c’est pareil au final.”
Moïse Kouameen conférence de presse
Reste qu’une chose ne sera plus jamais comme avant : son visage est entré dans beaucoup de foyers. “On me reconnaît dans la rue, à Roland !”, répond-il quant aux changements bien visibles, avant de poursuivre. “Déjà , un facteur très voyant, c’est que quand je joue sur le Suzanne, il est plein ! En rentrant, je me suis dit : ‘waouh ! C’est quand même quelque chose de spécial'”, rembobine Moïse Kouame, alors que le public scandait son nom avant même son entrée sur le court.
L’an prochain, Moïse Kouame sera majeur au lancement de Roland-Garros. Et le public, qui l’a tant poussé cette semaine, ne l’aura pas oublié. “Tous ces fans, tous ces supporters, au final, ils veulent me voir me battre sur le terrain, me voir gagner des points, me voir avec le sourire. J’espère que c’est ce que je vais continuer à proposer tout au long de ma carrière. Je pense que c’est là le plus important”, conclut-il.
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