Home Sport Roland-Garros. Calendrier infernal, pression, chutes… Les raisons dune hécatombe

Roland-Garros. Calendrier infernal, pression, chutes… Les raisons dune hécatombe

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Il y a les abandons en plein match, les forfaits de dernière minute et les images qui restent. En deux tours seulement, Roland-Garros a déjà vu 11 rencontres de simple dames et messieurs basculer voire ne jamais avoir lieu. Du jamais vu depuis 55 ans pour le tournoi parisien. La chaleur a pesé, évidemment. Mais le tennis moderne pousse surtout ses acteurs à avancer avec la douleur, jusqu'au moment où elle devient impossible à masquer.

Même sans blessure apparente, la machine Jannik Sinner a fini par donner l'image d'un joueur vidé. Lancé vers une victoire tranquille contre l'Argentin Juan Manuel Cerundolo, le n°1 mondial s'est soudain éteint jeudi après avoir mené deux sets à rien et 5-1 dans la troisième manche. Un effondrement qui a renforcé le sentiment d'une quinzaine lors de laquelle les organismes tirent déjà la langue. Valentin Vacherot et Alexander Blockx ont, eux, été contraints de renoncer avant même leur 2e tour.

Un court n°6 devenu maudit

Chez les femmes, les images d'Hailey Baptiste quittant le court n°6 en fauteuil ont également marqué les esprits. L'Américaine a vécu un cauchemar, son genou se dérobant sur un appui, ses cris témoignant d'une horrible douleur.
Ce même court n°6 est devenu le terrain « maudit » du tournoi. Mercredi, Jakub Mensik y a terminé allongé sur la terre, saisi par les crampes.

Vendredi, Zeynep Sönmez a dû abandonner après seulement 17 minutes de jeu en double, victime d'une chute sur un panneau publicitaire placé en fond de court. « J'ai quitté le court avec deux points de suture. Faut-il vraiment attendre qu'un joueur soit gravement blessé pour que ces panneaux soient retirés ? », a dénoncé la Turque.

Les organismes mis à rude épreuve

Derrière cette accumulation, une logique plus dure se dessine. Les Masters 1 000 s'allongent sur douze jours, les voyages s'enchaînent et les respirations disparaissent. Renoncer à un tournoi, c'est perdre des points, de l'argent, parfois des primes. Pour les joueurs moins installés, ne pas jouer équivaut à ne rien gagner, tout en continuant à payer son staff.

Alors beaucoup retardent la pause. Ils serrent les dents, espèrent sauver une semaine ou une partie de leur saison. Ces premiers jours ont rendu visible ce que le circuit fabrique depuis longtemps : des joueurs capables d'aller loin dans la douleur, parfois même trop. Jusqu'à ce que le corps dise son dernier mot.