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Football : licenciés, encadrement des jeunes, détections précoces… rencontre avec Franck Kodjabachian, président du district de Provence

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Elu président du District de Provence en remplacement d’Erick Schneider puis réélu en 2023 pour quatre ans, Franck Kodjabachian n’a pas manqué la grande fête du football bucco-rhodanien de vendredi à lundi à Salon de Provence.

Les licenciés

“Nous sommes le plus gros district de la Ligue Méditerranée, et l’un des plus gros de France, dans les 5 premiers en tout cas, avec 48000 licenciés. Il y a eu une baisse cette saison, mais moins significative que celle enregistrée au niveau régional. On espère que la coupe du monde va relancer l’attrait de notre sport.”

La “méthode” Kodjabachian

“Toutes les réformes mises en place sont faites en association avec les présidents de clubs. On consulte, on construit, on présente et on valide. Tout est fait de manière collégiale. Il est hors de question, à mon sens, que l’on puisse prendre des décisions qui vont à l’encontre du terrain.”

Les réformes

“La plus importante concerne les U13 et les U12, avec la mise en place d’un système de brassage et une partie de football à 11 avant qu’ils ne passent dans les catégories où c’est obligatoire.

Pour améliorer les plateaux, il y a l’utilisation du logiciel FAL qui permet aux clubs de pouvoir s’inscrire sur le plateau de leur choix en fonction du niveau qui est le leur. Ce qui évite d’avoir des matches qui se finissent à 20-0 et qui dégoûtent les petits. Nous avons de très bons retours sur ce fonctionnement.”

Les obligations d’encadrement

“Désormais, il y a l’obligation, pour tout éducateur, d’avoir un diplôme pour encadrer les gosses. C’est une obligation à partir des équipes de Ligue mais nous, nous partons du principe qu’il était inadmissible que quelqu’un puisse se dire éducateur du jour au lendemain. Au départ, les clubs se sont interrogés mais on a su les accompagner.”

Les violences en District

“Nous sommes confrontés à ce phénomène sociétal, mais quand on compare le nombre de rencontres sur une saison, à peu près 30 000, avec des phénomènes violents, on se rend compte que l’immense majorité des matches se passe bien. Des violences, il y en a mais, et c’est toujours trop, mais nous n’avons pas eu de dossiers qui soient sortis du lot. La commission de discipline instruit les dossiers et sanctionne. Peut-être qu’il faut réfléchir à durcir les sanctions si les comportements s’aggravent.”

Les infrastructures

“En dehors de Marseille, ce n’est pas trop un problème. Sur Marseille, on se rend compte qu’il y en a, par exemple sur le futsal, qui concerne de plus en plus de clubs. On ne peut pas intervenir dessus si ce n’est faire remonter aux municipalités. Il faut quand même dire qu’il y a eu un petit rattrapage depuis quelques années, et que nous avons un dialogue constructif avec la Ville.”

Les détections chez les jeunes

“Certains parents ont l’impression d’avoir une machine à cash qui va faire vivre toute la famille avec un gamin de six ans. Les comportements changent. C’est un sujet sur lequel nous travaillons avec la Ligue Méditerranée : elle a mis en place des frais de mutation pour bloquer ce système, et on s’est rendu compte que ça n’a rien bloqué du tout parce que les clubs sont prêts à prendre en charge ces frais de mutation. Et parfois même, les parents !

Cette course à la performance est accentuée par les capacités d’accueil réduites. Si un club est bloqué par les créneaux, il va bien devoir choisir, et prendre un petit qui a une meilleure coordination qu’un autre.”

Le bilan

“On parle beaucoup de football vecteur de l’intérêt général. À ce titre, nous nous penchons aussi sur le développement du football féminin, du fair-play, de l’arbitrage. C’est un travail que le district fait, en dialogue avec les collectivités. C’est un réel changement par rapport aux années d’avant. Si l’on m’avait dit, au moment de ma prise de fonction, qu’on en serait là en 2026, je ne l’aurais pas cru.”