Des hordes d’Écossais rubiconds, en kilt, sont attablés dès 11 heures du matin pour une pinte de Sam Adams dans les pubs de City Hall Plaza. Pour eux, c’est juste culturel d’enchaîner les « rounds » (tournées) afin de patienter jusqu’à l’entrée en lice de leur équipe samedi soir (21h) contre Haïti. Hormis cette « tartan army », sevrée de Mondial depuis 1998 et dont le nombre pourrait atteindre 30 000 fans, Boston ne respire pas encore le football. La « fan zone », peu attrayante et de taille très réduite, n’ouvrira que ce soir. À l’exception de cet espace, aucun fanion, aucune affiche n’annonce que le plus grand show sur Terre se déroulera aussi en Nouvelle-Angleterre.
Les yeux rivés sur Mbappé
Jeudi, le quotidien local, le Boston Globe (270 000 abonnés), affichait sa fierté et mesurait les enjeux pour la ville d’accueillir sept matchs de Coupe du monde. Un coup de projecteur particulier était mis sur le seul pays ayant choisi d’y établir son camp de base : les Bleus (en français dans le texte). Le quotidien insistait sur le rôle historique de la France, fondatrice de la FIFA (1904), à l’origine de la Coupe du monde (1930), ainsi que de la Coupe des clubs champions (1955) et des Championnats d’Europe (1960). Il mettait également en avant leur style de jeu, qualifié de « brillant et spectaculaire ». Rien que ça.
Mais celui qui focalise l’attention des médias du Massachusetts et des États-Unis en général est, sans surprise, Kylian Mbappé. « Kylian Mbappé et l’équipe de France sont arrivés aux États-Unis », titre CBS News. « Boston en folie pour Kylian Mbappé et les Bleus », poursuit ESPN. Plus sobre, le Boston Globe assure : « Kylian Mbappé séduit les fans dès l’arrivée de l’équipe de France. » Même si les Bleus comptent dans leurs rangs un Ballon d’Or, Ousmane Dembélé, et l’un des meilleurs joueurs européens de la saison, Michael Olise, c’est KMB qui capte toute la lumière.
Kylian Mbappé a, il est vrai, pris de l’avance sur ses coéquipiers. Il a déjà réalisé des tournées estivales aux États-Unis en 2019 et 2022 pour évaluer sa popularité et promouvoir des produits pour Nike. Il a également fait une apparition remarquée à la draft NBA, exprimant son amour pour la ligue et les Lakers de Los Angeles, ville où il a créé, en 2022, une société de production télévisée, Zebra. Hier, sur les réseaux sociaux américains, son arrivée était largement commentée.
Toutefois, il n’est pas certain qu’à New York, en pleine effervescence des finales NBA, sa venue et le match contre le Sénégal, mardi à 15h, suscitent le même engouement. Le New York Times insiste, ce vendredi, sur « une collision parfaite, historique et sans précédent », « une tempête sportive avec deux événements planétaires se déroulant simultanément. » Même si l’un, la série Knicks-Spurs, l’emporte largement sur l’autre dans le cÅ“ur des New-Yorkais. Le seul bleu qui compte, c’est celui, mâtiné d’orange, de leur équipe de basket fétiche.






