A deux semaines du prochain G7 qui aura lieu à Évian, les Etats-Unis ont choisi la méthode des coups de semonce. Samedi, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé qu’il y avait “de quoi légitimement s’alarmer” face au renforcement militaire chinois en Asie-Pacifique. Et de rappeler que Washington souhaite un “équilibre stable” et refuse toute “hégémonie”.
“En regardant la région aujourd’hui, il y a de quoi légitimement s’alarmer face à l’ampleur historique du renforcement militaire de la Chine et à l’extension de ses activités militaires dans la région et au-delà “, a déclaré M. Hegseth à Singapour lors du Dialogue de Shangri-La, un grand forum réunissant 45 pays consacré aux questions de défense.
Le dirigeant a averti d'”importantes décisions” à venir concernant la sécurité en Europe.
Les Etats-Unis ne veulent pas de “confrontation inutile dans la région”, a-t-il toutefois souligné dans son discours, prononcé devant un parterre d’experts militaires et de ministres.
“Un rapport de forces favorable mais durable, dans lequel aucun Etat, y compris la Chine, ne peut imposer son hégémonie ni menacer la sécurité ou la prospérité de notre nation et de nos alliés”, a indiqué M. Hegseth.
La Chine a pour la deuxième année consécutive dépêché une simple équipe d’experts militaires et de chercheurs, sans envoyer son ministre de la Défense, Dong Jun.
Effort financier
Aussi, les Etats-Unis attendent de leurs alliés et partenaires en Asie qu’ils augmentent leurs dépenses en matière de défense pour les porter à 3,5% de leur produit intérieur brut (PIB), a dit Pete Hegseth. Les alliés se sont engagés à investir 1.500 milliards de dollars dans leurs forces armées.
“Moins de Shangri-La, plus de navires, plus de sous-marins”, a déclaré Pete Hegseth, soulignant que les alliés souhaitent la stabilité, et non l’escalade.
L’Europe jugée trop moralisatrice
Pete Hegseth s’en ai aussi pris aux Européens, appelés à s’abstenir de faire “la morale”
Il y a loué les pays asiatiques qui selon lui “ont depuis longtemps compris que le socle d’un partenariat durable ne repose pas sur des valeurs idéalistes, mais sur un alignement concret des intérêts nationaux.”
“Lorsque nos intérêts convergent, nous agissons ensemble avec détermination. Lorsque nos intérêts divergent, nous nous adaptons avec pragmatisme, sans drame et sans faire la morale. Je pense que l’Europe occidentale pourrait en prendre de la graine”, a-t-il déclaré.
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Reprenant la position très critique de l’administration Trump envers les Européens, M. Hegseth a reproché à ces derniers d’avoir longtemps tenu “une rhétorique mondialiste creuse au sujet d’un ordre international fondé sur des règles pendant que les capitales européennes ouvraient grand leurs frontières et vidaient leurs armées de leur substance”.
Donald Trump exige de longue date que les Européens prennent davantage en charge leur propre sécurité. Il veut réduire la présence militaire américaine sur le Vieux continent, un sujet revenu sur la table ces dernières semaines face à leur refus de soutenir sa guerre contre l’Iran.
“L’Europe et l’Otan ont d’importantes décisions à prendre et vous en saurez plus bientôt”, a déclaré samedi M. Hegseth.
Sous la pression de Donald Trump, l’Otan s’est fixé l’an dernier comme objectif d’investir collectivement 5% du PIB de ses membres dans la défense, mais la plupart des pays concernés en sont encore très loin.
Lors d’une récente réunion de l’Alliance atlantique en Suède, le chef de la diplomatie Marco Rubio a confirmé aux Européens qu’ils devraient apprendre à vivre avec moins de soldats américains.
Il a indiqué qu’un ajustement serait prochainement annoncé concernant ce que certains à l’Otan appellent “la cavalerie”, le vivier de forces pouvant être mobilisées dans les 180 jours en cas de nécessité.
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