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Pourquoi Donald Trump a menacé Oman, pourtant allié historique des Etats-Unis

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Au détour d'un Conseil des ministres à la Maison Blanche, Donald Trump a ajouté un nouvel épisode à sa longue série de déclarations déroutantes – et belliqueuses – sur la scène internationale. Interrogé sur un hypothétique contrôle du détroit d'Ormuz par l'Iran et Oman, le président américain a ainsi assuré que cette voie maritime stratégique resterait « ouverte à tout le monde », avant de lancer : « Oman se comportera comme les autres ou alors il faudra les pulvériser. Ils le savent ». Le département d’État a ensuite relayé l'extrait sur X, sans correction ni clarification.
De quoi susciter pas mal d'interrogations du côté de Washington comme parmi les observateurs du Golfe. Le sultanat d'Oman entretient en effet depuis des décennies des relations étroites avec les États-Unis et joue régulièrement un rôle de médiateur régional, notamment entre Washington et Téhéran. Malgré le relais de ses propos sur les réseaux sociaux, l'hypothèse d'une confusion du président américain entre Oman et l'Iran, avancée par plusieurs observateurs, reste sur la table.

Une rhétorique de plus en plus martiale

Cette possibilité d'un lapsus malheureux encore non assumé par le principal intéressé, est d'ailleurs renforcée par une autre confusion durant la même intervention. Donald Trump a en effet évoqué le conflit avec le Venezuela, pays « qui n'a plus de marine, qui n'a plus d'armée de l'air », une description qu'il réserve pourtant habituellement, mot pour mot, à l'Iran. Rappelons que par le passé, il avait déjà évoqué l'Albanie au lieu de l'Arménie ou encore l'Islande à la place du Groenland.

Reste que, si le lapsus demeure à l’état d'hypothèse, la rhétorique offensive, elle, est désormais banalisée du côté de la Maison-Blanche : selon un décompte de CNN, Donald Trump a, au fil de ses deux mandats, attaqué ou menacé près d'un pays sur treize dans le monde. Oman devient ainsi le quinzième État visé, directement ou indirectement, par des menaces militaires américaines. Pour ce seul deuxième mandat, Trump a lancé des frappes dans sept pays : Iran, Irak, Nigeria, Somalie, Syrie, Venezuela et Yémen, liste CNN. Ces chiffres ne prennent pas en compte les frappes contre des bateaux présumés de trafic de drogue en mer des Caraïbes et dans l'océan Pacifique, qui ont visé près de 60 navires et tué plus de 190 personnes. Donald Trump a également menacé ou laissé ouverte la possibilité de frappes contre sept autres pays : le Canada, la Colombie, Cuba, le Groenland, le Mexique, le Panama et désormais Oman. Il avait aussi menacé le Mexique et la Corée du Nord lors de sa première présidence.