Artiste aux multiples facettes, Marion Fayolle publie simultanément un roman chez Gallimard, Petit fruit, et un recueil de dessins aux éditions du Tripode, Les Aimants. Pour elle, ces deux pratiques ne s’opposent pas mais se complètent, comme des pièces d’une même maison intérieure. “Je n’ai jamais eu envie de dessiner, au sens de faire du beau ou d’illustrer. Pour moi, très vite, c’était une évidence que le dessin, c’était une littérature et c’était une écriture“, confie-t-elle. L’autrice décrit son passage à l’écriture comme la découverte d’une porte secrète. Pour Marion Fayolle, le texte permet de faire vivre les images : “Quand je fais un dessin, il est arrêté, figé, alors que le texte, c’est du dessin qui se met à vivre, à avoir des odeurs, à pouvoir se déplacer, à palpiter.”
Dans Petit fruit, Marion Fayolle met en scène un couple en attente d’un enfant, troublé par l’intrusion d’un inconnu aux mains violettes. Ses personnages restent volontairement sans prénom, car “un personnage, à mon sens, ce n’est pas quelqu’un de réel. C’est un support de projection, une sorte de silhouette sur laquelle on va pouvoir projeter notre propre créativité de lecteur“. L’autrice refuse toute injonction dans l’écriture : “Je n’ai pas envie que mes livres répondent à des questions, ni à une morale. Pour moi, ce sont comme des petites fenêtres, ce sont des lieux d’ouverture.” Cette approche se retrouve dans son traitement du corps féminin, notamment les règles, qu’elle évoque sans tabou. Mais elle nuance : “Je n’aime pas tellement me situer comme autrice femme, j’aime bien qu’on m’invite parce qu’on a aimé mon livre, mais pas parce que je suis une femme.” Ce qui l’intéresse avant tout, c’est “le corps et ce qui se joue dans le lien à l’autre, y compris dans le lien charnel”.
Roland Topor, émission Agora, Olivier Germain Thomas, France Culture, 09/02/1993
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