Home Culture The bittersweet images of Marion Fayolle

The bittersweet images of Marion Fayolle

5
0
Eros, thanatos et inquiétante étrangeté, pour son nouveau roman, Petit fruit, Marion Fayolle imagine une intrusion. Un couple désire un enfant qui ne vient pas. À la place ou en attendant, un homme débarque un jour, inconnu aux mains violettes, qui croit voir dans la femme un amour ancien. On laisse l’homme et son histoire entrer dans la maison et bouger les équilibres. Dans son nouveau recueil de dessins, Les aimants, on observe aussi de drôles d’équilibres, se faire, se défaire, au sein d’un couple d’amoureux. Dans les deux livres, différents mais que l’on peut parcourir en échos, le couple hétérosexuel, cette institution largement discutée aujourd’hui, est regardée sous toutes les coutures.

Artiste aux multiples facettes, Marion Fayolle publie simultanément un roman chez Gallimard, Petit fruit, et un recueil de dessins aux éditions du Tripode, Les Aimants. Pour elle, ces deux pratiques ne s’opposent pas mais se complètent, comme des pièces d’une même maison intérieure. “Je n’ai jamais eu envie de dessiner, au sens de faire du beau ou d’illustrer. Pour moi, très vite, c’était une évidence que le dessin, c’était une littérature et c’était une écriture“, confie-t-elle. L’autrice décrit son passage à l’écriture comme la découverte d’une porte secrète. Pour Marion Fayolle, le texte permet de faire vivre les images : “Quand je fais un dessin, il est arrêté, figé, alors que le texte, c’est du dessin qui se met à vivre, à avoir des odeurs, à pouvoir se déplacer, à palpiter.”

The bittersweet images of Marion Fayolle
“Les aimants” de Marion Fayolle – Marion Fayolle/ Editions du Tripode

Dans Petit fruit, Marion Fayolle met en scène un couple en attente d’un enfant, troublé par l’intrusion d’un inconnu aux mains violettes. Ses personnages restent volontairement sans prénom, car “un personnage, à mon sens, ce n’est pas quelqu’un de réel. C’est un support de projection, une sorte de silhouette sur laquelle on va pouvoir projeter notre propre créativité de lecteur“. L’autrice refuse toute injonction dans l’écriture : “Je n’ai pas envie que mes livres répondent à des questions, ni à une morale. Pour moi, ce sont comme des petites fenêtres, ce sont des lieux d’ouverture.” Cette approche se retrouve dans son traitement du corps féminin, notamment les règles, qu’elle évoque sans tabou. Mais elle nuance : “Je n’aime pas tellement me situer comme autrice femme, j’aime bien qu’on m’invite parce qu’on a aimé mon livre, mais pas parce que je suis une femme.” Ce qui l’intéresse avant tout, c’est “le corps et ce qui se joue dans le lien à l’autre, y compris dans le lien charnel”.

Roland Topor, émission Agora, Olivier Germain Thomas, France Culture, 09/02/1993

Disiz, La roséeAndy Finton, Time HoleBusra Kayikci, The Middle of…The Merkaba Brotherhood, Angelic BeingsPatrick de Oliveira, AscensionJuliette Gréco, C’était bien