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Réouverture du détroit d'Ormuz, cessez-le-feu, négociations à venir… Ce que l'on sait de l'accord conclu entre les Etats-Unis et l'Iran

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Après des semaines de laborieux pourparlers, les Etats-Unis et l’Iran sont parvenus lundi à un accord pour mettre fin immédiatement à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris le Liban. Une cérémonie de signature est prévue vendredi à Genève.


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Réouverture du détroit d'Ormuz, cessez-le-feu, négociations à venir… Ce que l'on sait de l'accord conclu entre les Etats-Unis et l'Iran

Donald Trump, le président américain, à la Maison Blanche, à Washington, le 14 juin 2026. (KENT NISHIMURA / AFP)

Enfin un accord de paix durable ? Les Etats-Unis et l’Iran sont parvenus lundi 15 juin à un accord pour mettre fin immédiatement à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris le Liban. Une cérémonie de signature est prévue vendredi à Genève, en Suisse. Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre a embrasé la région et fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Cet accord a été annoncé lundi matin par le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, médiateur clé dans le conflit. Washington et Téhéran ont confirmé l’information peu après. “L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé”, a écrit le président américain, Donald Trump, sur son réseau Truth Social. Franceinfo vous résume ce que l’on sait de cet accord.

La réouverture du détroit d’Ormuz dès vendredi, selon Donald Trump

Pour l’heure, le document sur lequel se sont entendus Washington et Téhéran n’a pas encore été rendu public. Donald Trump a néanmoins annoncé sur Truth Social l’autorisation de “la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots !”

Le président américain a précisé dans un second post que cette ouverture interviendrait “dès la signature de l’accord vendredi afin de permettre le déminage”. En réaction, Emmanuel Macron a déclaré sur X que la mission maritime internationale mise en place par la France et le Royaume-uni était “prête à accompagner” la réouverture du détroit d’Ormuz. L’Iran, qui considère cette voie maritime comme “un des principaux instruments de [sa] dissuasion” depuis le début de la guerre, n’a pas communiqué à ce sujet dans l’immédiat.

L’annonce a déclenché une chute de plus de 4% des cours du pétrole, qui avaient flambé depuis le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures. La Bourse de Tokyo a par ailleurs bondi de plus de 4% et celle de Séoul de plus de 5% lundi matin. Les prix à la pompe devront baisser “aussi rapidement” qu’ils avaient augmenté au début de la guerre, si l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran débouche vraiment sur la réouverture du détroit, a assuré lundi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.

Un cessez-le-feu, y compris au Liban

L’accord prévoit par ailleurs “la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban”, a déclaré sur la télévision d’Etat le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi. Peu de temps avant l’annonce de l’accord, les attaques se poursuivaient pourtant encore au Liban. La plus haute instance de sécurité de l’Iran, le Conseil suprême de sécurité nationale, avait averti sur X d’une réponse “imminente” à un raid israélien qui a fait trois morts dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien.

Donald Trump avait estimé plus tôt sur Truth Social que l’attaque israélienne “n’aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier”, dimanche marquant le 80e anniversaire du dirigeant américain. “J’étais furieux”, a-t-il ensuite confié au média Axios. Le président des Etats-Unis a affirmé auprès du site d’information avoir réprimandé le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou : “Il n’a aucun putain de jugement. Je le lui ai fait savoir.” “C’est un type très difficile”, a-t-il ajouté par la suite dans des déclarations au New York Times.

Israël, qui redoute un compromis ne satisfaisant pas ses exigences concernant son ennemi juré iranien, a déclaré avoir riposté à des attaques de drones du Hezbollah contre son territoire. Le ministre israélien d’extrême droite chargé de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a par ailleurs critiqué lundi l’accord, sur son compte Telegram. Il a affirmé qu’Israël n’était pas lié par ses termes et a appelé à intensifier les opérations militaires au Liban.

Le cessez-le-feu au Liban semble ainsi incertain. D’autant plus que le ministre de la Défense israélien a annoncé peu après l’intention d’Israël de maintenir ses troupes au Liban, en Syrie et à Gaza pour une durée indéterminée. “Le contrôle du territoire et le maintien des zones de sécurité figurent parmi les plus grandes réussites de l’armée israélienne (…) C’est pourquoi nous nous opposons à un retrait de l’armée du Liban, malgré toutes les pressions existantes et celles à venir”, a déclaré Israël Katz dans un communiqué. D’après lui, Benyamin Nétanyahou en a informé Donald Trump. Le ministre de la Défense israélien a également mis en garde l’Iran, affirmant qu’Israël riposterait avec “toute sa force” si la République islamique l’attaquait en réponse à ses opérations militaires au Liban.

Des négociations à venir pour la conclusion d’un “accord définitif”

Les négociations pour la paix sont en réalité loin d’être achevées. “Les négociations débuteront dans un délai de 60 jours en vue de parvenir à un accord définitif”, a en effet précisé le vice-ministre des Affaires étrangères iranien. Kazem Gharibabadi a notamment énuméré quatre sujets pour les discussions à venir : la levée des sanctions contre l’Iran, la question du nucléaire, la “reconstruction” et “le développement économique” du pays, ainsi que “la mise en place d’un mécanisme de suivi” des engagements pris.

L’agence de presse iranienne Mehr a en outre fait état, dans un article publié samedi, d’un texte selon lequel l’accord prévoit “le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés au cours de la période de négociation de 60 jours”, dont la moitié avant le début des pourparlers. Cela n’a pas été confirmé officiellement.

Dans le New York Times, Donald Trump a de son côté affirmé dimanche qu’un volet des négociations portait sur l’acceptation par l’Iran d’un moratoire de vingt ans sur l’enrichissement d’uranium. Le président américain a par ailleurs laissé entendre qu’un accord pourrait être trouvé pour une durée de quinze ans. Dans un communiqué conjoint, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie se sont déclarés “disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l’Iran concernant son programme nucléaire”.

L’accord entre les Etats-Unis et l’Iran ne signe “pas le retour de la paix” au Moyen-Orient “mais plutôt le retour de la diplomatie”, a estimé lundi, sur France Inter, le politologue Hasni Abidi. Il s’agit en effet d’un “pré-accord, un accord-cadre”, a-t-il expliqué.