Lucien Sage se souvient de la joie et de la liesse dans les rues de Limoges après l’annonce de la fin de la guerre . Une joie ternie par l’absence de la “jeunesse limougeaude” : “Ils étaient tous au front. Et hélas, beaucoup ne sont jamais revenus. Ou alors, dans des cercueils.“L’annonce de la capitulation allemande signe tout de même la fin d’une rude période pour les civils, marquée par le manque de nourriture. Lucien Sage a d’ailleurs gardé précieusement, dans un porte-vue, les cartes de rationnement de sa famille. “On en a eu besoin jusqu’en 1949. Ça a été très dur, on crevait de faim. Heureusement, certains paysans des environs venaient vendre leurs légumes en ville, de temps en temps. Mais les bonnes choses, on ne connaissait pas. On ne mangeait pas de chocolat, on ne savait même pas ce que c’était. La viande, pareil“.
Lucien Sage assure tout de même avoir vécu une enfance insouciante, se rappelle des parties de foot avec ses amis pendant la guerre. Cette période l’a durablement marqué, à tel point qu’une fois adulte, il devient secrétaire de l’homme politique Georges Guingouin, résistant et maire de Limoges au sortir de la guerre.Dans la bibliothèque de Lucien, la majorité des livres traitent de la Seconde Guerre mondiale Le vieil homme se dit collectionneur : l’un de ses placards contient ses médailles militaires, obtenues lors de son engagement dans l’armée coloniale française.
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