Les députés s'apprêtent à relever l'enveloppe de la loi de programmation militaire à près de 450 milliards d'euros. Loïc Déquier / SO
Une trajectoire qui aboutirait en 2030 à un budget militaire annuel de 76,3 milliards, soit 2,5 % du PIB. Avec cependant deux détails importants : la loi de programmation dessine un chemin mais le Parlement peut théoriquement s'en écarter chaque automne en votant le budget de l'État. Et 2027 sera une année de présidentielle, susceptible de rebattre les cartes.
Une trajectoire budgétaire réévaluée
« C'est une loi de programmation pour deux ans », estime Jean-Louis Thiériot (LR), ex-ministre et corapporteur du texte. S'il salue l'effort, Jean-Louis Thiériot l'estime encore insuffisant face à « un péril qui semble existentiel ou a minima très grand », avec le retour de la guerre en Europe. « La France doit se préparer à affronter […] des crises simultanées, durables, de haute intensité […] tout en gérant sur son propre territoire des actions hybrides », a alerté la ministre des Armées Catherine Vautrin.
En audition, le député RN Laurent Jacobelli a déploré « une loi de rattrapage » de la précédente, largement adoptée au Parlement. Aurélien Saintoul (LFI) a estimé que les 36 milliards servaient majoritairement à payer les factures de la précédente « LPM », critiquant une loi « fondamentalement insincère ».
Priorités opérationnelles et mesures de sécurité
S'il ne prévoit pas de modifier le format des armées, le texte met l'accent sur des postes d'investissement jugés nécessaires, à commencer par les munitions (8,5 milliards d'euros supplémentaires, 26 milliards sur la période). Outre le volet investissement, le texte apporte plusieurs nouveautés. Comme permettre aux opérateurs privés de neutraliser des drones survolant des sites sensibles ou encore la création d'un nouvel « état d'alerte de sécurité nationale », permettant de déroger à plusieurs règles (de construction, d'expropriation, ou environnementale) en cas de « menace grave » pour la Nation.




