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Middle East: Strait of Hormuz still blocked, Iranian president says acting in legitimate defense against Trump

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À trois jours de la fin du cessez-le-feu conclu avec les États-Unis, le régime iranien continue de verrouiller le détroit d’Ormuz, après l'avoir ouvert pendant près de 24 heures vendredi et samedi. Et les pourparlers à venir entre Washington et Téhéran s'annoncent ardus. « Nous sommes encore loin d'avoir bouclé le débat », a prévenu dimanche 19 avril 2026 le puissant président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf : « nous avons fait des progrès dans les négociations, mais il subsiste de nombreuses divergences et certains points fondamentaux restent en suspens ».

Le responsable avait participé à des pourparlers à Islamabad avec une délégation américaine emmenée par le vice-président J.D. Vance, qui s'étaient conclus le 12 avril par un échec. Lors de cette rencontre, à un niveau sans précédent entre les deux pays depuis la Révolution islamique de 1979, « nous avons souligné que nous n'avons absolument aucune confiance dans les États-Unis », a dit Mohammad Bagher Ghalibaf, qui les a exhortés à « renoncer à l'unilatéralisme et à l'esprit d'imposition dans leur approche du dialogue ».

« Ils jouent au plus malin »

Face au maintien du blocus américain de ses ports, l'Iran a annoncé samedi reprendre « le strict contrôle » du détroit d’Ormuz, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime par laquelle transite en temps normal un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz. Peu après, au moins trois navires commerciaux qui tentaient de franchir le détroit ont essuyé des tirs. « Toute tentative d'approche du détroit d’Ormuz sera considérée comme une coopération avec l'ennemi et le navire contrevenant sera pris pour cible », ont fait savoir les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran.

« Ils jouent au plus malin », a réagi le président américain Donald Trump, dénonçant un « chantage ». Mais il a dans le même temps fait état de « très bonnes conversations » avec Téhéran, contrastant avec le ton côté iranien. Le nouveau durcissement, qui risque de provoquer de nouveaux remous sur les places financières lundi, intervient en plein ballet diplomatique pour faire revenir l'Iran et les États-Unis à la table des négociations.

« Qui est-il pour priver une nation de ses droits ? »

Donald Trump avait assuré vendredi que les principaux points d'achoppement avaient été levés, en particulier sur le volet nucléaire, au cœur des différends entre les deux pays depuis des années. Selon lui, l'Iran – qui nie vouloir se doter de la bombe atomique – a accepté de remettre son uranium hautement enrichi, un enjeu crucial, ce qu'a démenti Téhéran.

Dimanche, le président iranien Masoud Pezeshkian a remis à mal cette version. « Trump dit que l'Iran ne devrait pas utiliser ses droits nucléaires, mais sur quels fondements ? Qui est-il, après tout, pour priver une nation de ses droits légitimes ? », s'interroge-t-il dans des propos rapportés par l'agence de presse Isna. Il a ajouté que son pays n'était pas belliqueux. « l'Iran ne cherche pas à étendre la guerre, n'a déclenché aucun conflit et ne le fera pas. Nous agissons uniquement en état de légitime défense », a développé le président.

Routes rouvertes au Liban

Au Liban, l'autre front de la guerre, la situation reste très instable. Un militaire français a été tué samedi et trois autres blessés, dont deux grièvement, dans une embuscade contre des Casques bleus dans le sud du pays. L'attaque, survenue au lendemain de l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours au Liban, a été attribuée au Hezbollah pro-iranien, qui a toutefois nié toute implication.

Malgré la trêve, l'armée israélienne reste présente sur le sol libanais : elle a établi une « ligne jaune » de démarcation dans le sud du pays, comme dans la bande de Gaza, et dit avoir « éliminé une cellule terroriste » opérant à proximité de ses troupes. Elle a aussi annoncé la mort de deux de ses soldats dans la région depuis vendredi.

« Un cessez-le-feu signifie une cessation complète de toutes les hostilités. Comme nous ne faisons pas confiance à cet ennemi, les combattants de la résistance resteront sur le terrain, le doigt sur la gâchette, et ils répondront aux violations », a averti le chef du Hezbollah Naïm Qassem. Profitant de l'accalmie, l'armée libanaise répare routes et ponts auparavant rendus impraticables par les frappes israéliennes.

Avec AFP