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Accord entre l'Iran et les États-Unis : que représente vraiment le symbole de Versailles ?

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En choisissant le château de Versailles pour officialiser son accord avec Téhéran, Donald Trump s’inscrit dans une longue tradition diplomatique. Mais l’histoire montre aussi que les grands traités signés dans le palais n’ont pas toujours résisté à l’épreuve du temps.


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Accord entre l'Iran et les États-Unis : que représente vraiment le symbole de Versailles ?

Un capture d’une vidéo publiée par Dan Scavino, chef de cabinet adjoint à la Maison Blanche, qui montre le président américain Donald Trump lors de la signature d'un accord avec l'Iran à Versailles, le 17 juin 2026. (CAPTURE ECRAN X / VIA AFP)

Le 17 juin, au cours du dîner de gala au château de Versailles, le président américain Donald Trump a signé un protocole d’entente avec l’Iran, en présence du président français Emmanuel Macron et de son épouse Brigitte Macron. À distance, le président iranien l’a également signé. La presse parle d’un nouveau traité de Versailles, et le président américain a annoncé officiellement avoir signé cet accord à Versailles. Cette communication est hautement symbolique. Car Versailles a été le théâtre de plusieurs grands traités importants pour les États-Unis et pour la France. Et cela remonte loin, sous l’Ancien Régime.

C’est à Versailles qu’est signé, le 3 septembre 1783, le traité de paix qui met fin à la guerre d’indépendance américaine. Vergennes, pour la France, et le duc de Manchester, pour le Royaume-Uni, établissent la paix entre les deux pays. Le même jour, à Paris, les Treize Colonies américaines et la Grande-Bretagne signent le traité qui met fin à la guerre d’indépendance américaine. C’est également à Versailles qu’en 1778 la France devient la première nation du monde à reconnaître les États-Unis en signant avec le jeune État, représenté par Benjamin Franklin, un traité d’alliance.

Mais pour beaucoup d’entre nous, le grand traité de Versailles est celui de 1919, qui met fin à la Première Guerre mondiale. C’est là que se retrouvent les grands de ce monde : Clemenceau pour la France, Wilson pour les États-Unis, Lloyd George pour les Britanniques… Le 28 juin, dans la galerie des Glaces, où avait été proclamée en 1871 la naissance de l’Empire allemand, la signature de ce traité parachève la victoire alliée en imposant des conditions sévères à l’Allemagne. Cinquante-deux commissions, 1 646 séances de négociation et 440 articles ont été nécessaires pour parvenir, en six mois, à ce résultat.

Ce traité a été très critiqué et décrié tout au long du XXe siècle. Pourtant, il a posé les bases de la diplomatie contemporaine en instituant la Société des Nations (SDN), une organisation permanente qui devait, par la discussion, tenter de prévenir les conflits entre les États.

Vu d’Allemagne, ce traité, qui amputait l’ancien Empire de plusieurs territoires et lui imposait d’importantes réparations ainsi qu’une limitation de ses forces armées, fut considéré comme une humiliation. Imposé sans véritable négociation, ce traité que les nationalistes allemands appelaient le “Diktat” de Versailles a contribué à cristalliser les désirs de revanche allemands et constitue, par certaines de ses dispositions, l’une des causes de la Seconde Guerre mondiale.

Mais pour les Américains et les Français, le traité de Versailles de 1919 représente aussi la mémoire d’une alliance ancienne. On comprend mieux pourquoi Donald Trump souhaite aujourd’hui mobiliser ce prestige symbolique pour accompagner un accord difficile avec l’Iran. Pourtant, les traités signés à Versailles n’ont pas mieux résisté au temps que les autres. Le traité de 1783 n’a pas survécu à la Révolution française, et celui de 1919 n’a pas empêché la Seconde Guerre mondiale. En réalité, tous les traités finissent un jour par être remis en cause ou oubliés. Leur durée n’est que le reflet de la volonté des peuples et des gouvernements de vivre en paix.