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Accord entre l'Iran et les États-Unis : le silence de Benyamin Nétanyahou, qui tente de sauver les acquis d'Israël

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Le Premier ministre israélien n’a pas réagi, jeudi matin, à la signature de l’accord. Benyamin Nétanyahou n’a cessé de rappeler que ses soldats resteraient dans le Sud-Liban, où le Hezbollah, allié de l’Iran, continue de menacer les habitants du nord d’Israël.


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Accord entre l'Iran et les États-Unis : le silence de Benyamin Nétanyahou, qui tente de sauver les acquis d'Israël

Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juin 2026. (RONEN ZVULUN / AFP)

Il n’y a pas eu de réactions officielles, côté israélien, jeudi 18 juin dans la matinée, au lendemain de la signature de l’accord entre l’Iran et les États-Unis, par Donald Trump au château de Versailles. Benyamin Nétanyahou, tenu à l’écart des négociations, subit ce protocole d’accord imposé par le président américain.

Le président américain a affirmé que l’Iran pourra continuer à posséder des missiles balistiques. Un nouvel échec pour le Premier ministre israélien qui avait, au début de la guerre, trois objectifs : le démantèlement du programme balistique, l’arrêt du financement des alliés de l’Iran dans la région, et donc la fin du programme nucléaire. Il n’y a, pour le moment, que sur ce dernier point qu’Israël a été en partie entendue puisque l’Iran s’engage à ne jamais posséder d’armes nucléaires. Entre les lignes, on comprend, en revanche, que Téhéran pourra continuer à développer du nucléaire civil.

Avec ce protocole d’accord, Benyamin Nétanyahou est clairement freiné dans ses ambitions et essaie désormais de sauver ses acquis. L’occupation de plus de 60% de la bande de Gaza, qui n’a même pas été évoquée dans cet accord, mais surtout la présence de ses troupes au Sud-Liban, où le Hezbollah, allié de l’Iran, continue de menacer les habitants du nord d’Israël. L’armée de l’État hébreu occupe là aussi une zone tampon d’une dizaine de kilomètres de large. Benyamin Nétanyahou et ses ministres n’ont cessé de rappeler depuis le début de la semaine que les soldats resteraient malgré les pressions américaines.

La signature du protocole d’accord ouvre la voie à deux mois de négociations et les prochaines semaines vont être décisives pour un Premier ministre israélien en pleine campagne électorale. Benyamin Nétanyahou va devoir défendre d’ici octobre prochain un bilan terni et prouver aux Israéliens qu’il a encore la main sur leur avenir et leur sécurité.

De son côté, le président du Parlement iranien, également le négociateur en chef de l’Iran, n’a pas tardé à parler d’un accord qui signe l’échec des États-Unis. La presse officielle se rengorge. “Les États-Unis ont été contraints à un accord qui acte la victoire de la République islamique sur le champ de bataille”, peut-on lire jeudi matin. Si l’on parcourt les 14 points de l’accord, force est de constater que la partie iranienne a négocié au plus près de ses intérêts. Des intérêts immédiats, d’abord, avec la levée du blocus naval américain, les sanctions sur la vente de pétrole iranien qui sont suspendues, mais des intérêts également à plus long terme avec le dégel à venir des avoirs iraniens.

Après ces 60 jours de négociations, Téhéran pourra instaurer un droit de passage dans le détroit d’Ormuz. Sur le nucléaire, le stock d’uranium enrichi ne quittera pas le sol iranien, une exigence de l’Iran, comme la reconstruction du pays avec ce fonds de 300 milliards de dollars qui pourrait être mis en place. Et il y a aussi ce qui n’est pas mentionné dans l’accord : n’y sont pas abordés les missiles balistiques de l’Iran et son soutien aux groupes armés dans la région. Les sujets qui fâchent sont remis aux négociations qui doivent maintenant s’ouvrir et risquent de durer bien plus de 60 jours.