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Coupe du monde : bénéfices au Mexique, pas aux États-Unis

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La Coupe du monde 2026 est le plus grand événement sportif de l'histoire. Elle réunit 48 équipes, 104 matchs et 16 villes hôtes réparties sur trois pays. Elle se déroule du 11 juin au 19 juillet. La FIFA avance des chiffres spectaculaires avec 80,1 milliards de dollars de production mondiale. Elle évoque aussi 40,9 milliards d'euros de PIB supplémentaire et 824 000 emplois créés. Ces estimations proviennent d'une étude commandée par l'organisation elle-même. Les économistes indépendants restent beaucoup plus prudents. Ils rappellent que les effets des méga-événements sont souvent temporaires. L'essentiel des dépenses se déplace plutôt qu'il ne s'ajoute réellement.

Le paradoxe américain

Pour les États-Unis, l'arithmétique reste faible au regard de la taille de l'économie. Les 17,2 milliards de dollars de retombées estimées représentent moins de 0,1 % du PIB. Cela équivaut à une variation normale de la consommation sur une courte période. L'impact global reste donc marginal. Les effets sont surtout concentrés autour des villes hôtes et des semaines de compétition.

Doug Porter, économiste en chef chez BMO, parle d'un effet de rebond temporaire. Il est lié à la hausse des dépenses pendant l'événement. Mais cet effet reste limité dans le temps et dans son ampleur. Une enquête de l'American Hotel and Lodging Association montre d'ailleurs une demande en deçà des attentes. Près de 80 % des hôtels des villes hôtes américaines affichaient des réservations inférieures aux prévisions. Plusieurs facteurs expliquent cette situation.

“Le prix des billets est très élevé et peut atteindre 10 000 dollars pour la finale.â€

Le contexte géopolitique pèse aussi sur la demande touristique internationale. Le climat politique aux États-Unis peut également freiner certains visiteurs étrangers.

Le Canada fait face à un contexte différent mais tout aussi contrasté. L'économie a connu deux trimestres consécutifs de recul début 2026. Le pays est donc en situation de récession technique. La Coupe du monde arrive à un moment où un soutien conjoncturel est bienvenu. Les effets attendus restent néanmoins limités.

Selon BMO Études économiques, les retombées touristiques pourraient atteindre entre 1 et 5 milliards de dollars. Cela représenterait une hausse modeste du PIB trimestriel. L'impact est réel mais insuffisant pour modifier la trajectoire économique du pays. L'événement agit davantage comme un amortisseur que comme un moteur de croissance.

Guadalajara, la vraie capitale du Mondial

Le principal gagnant économique de cette édition est le Mexique. Les modèles de Deloitte et d'Euronews convergent sur ce point. Les retombées pourraient atteindre entre 0,2 % et 0,5 % du PIB. Cela reste significatif pour une économie plus dépendante du tourisme et des services.

Les matchs organisés à Guadalajara, Monterrey et Mexico devraient attirer un afflux massif de visiteurs. Le pays bénéficie déjà d'une dynamique touristique favorable. En 2025, le tourisme international a progressé de 6,1 %. Il a largement dépassé les performances des États-Unis et du Canada. La Coupe du monde vient donc amplifier une tendance déjà installée. Elle renforce la visibilité internationale du pays et ses recettes en devises.

Cette situation illustre une réalité souvent sous-estimée. L'impact économique d'un grand événement dépend fortement de la taille du pays hôte. Dans une très grande économie, les effets restent dilués.

“Dans une économie plus petite, ils deviennent beaucoup plus visibles. Les gains relatifs sont donc très inégaux selon les pays.â€

Au final, ce n'est pas la FIFA qui transforme les économies nationales. Ce sont les pays hôtes qui financent largement l'événement. Les revenus de l'organisation atteignent environ 11 milliards de dollars pour cette édition. La Coupe du monde 2026 sera un événement spectaculaire et mondial. Mais elle restera un événement économique limité pour ses principaux organisateurs. Le récit des retombées massives relève davantage de la communication que de la réalité macroéconomique.