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"Des pratiques coloniales" : comment les États-Unis déstabilisent Cuba depuis des mois

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  • L’administration Trump mène depuis janvier une politique de pression maximale contre Cuba.
  • Dernier exemple en date : un ultimatum lancé aux entreprises étrangères, accusées de collaborer avec un vaste conglomérat cubain.
  • Selon des experts de l’ONU, les tentatives de déstabilisation américaines s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie de “coercition”.

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Le second mandat de Donald Trump

Des “pratiques coloniales”. C’est la stratégie appliquée par les États-Unis à Cuba, selon des experts de l’ONU. Depuis janvier, l’administration Trump mène une politique de pression maximale pour faire chuter le régime communiste. Dernier exemple en date ? Un ultimatum lancé aux entreprises étrangères installées sur l’île.

Dans le viseur des Américains : le “Groupe d’administration d’entreprises” (GAE.SA ou Gaesa). Ce dernier, lié à l’armée, est actif dans de nombreux secteurs-clés de l’économie de Cuba. Créé en 1995, ce conglomérat a toujours eu pour but de faire face à l’embargo américain en vigueur depuis 1962 et de générer des devises pour faire fonctionner l’économie cubaine. Il ne s’agit pas d’une “structure opaque” mais “d’une réponse articulée dont l’efficacité a été prouvée face au siège économique qui, historiquement, essaie d’asphyxier la révolution cubaine”, a souligné le gouvernement, en référence à l’embargo.

Une “menace extraordinaire” pour la sécurité des États-Unis

Faux, a répliqué Donald Trump. Selon le milliardaire républicain, ce pays communiste – situé à 150 km des côtes de Floride – représente “une menace extraordinaire” pour la sécurité nationale des États-Unis. Gaesa a ainsi été une des premières entités sanctionnées dans le cadre du décret présidentiel du 1ᵉʳ mai. Le conglomérat était déjà sous sanctions, mais le nouveau décret a introduit des mesures coercitives secondaires à l’encontre d’entreprises qui collaborent avec lui. 

Sans attendre le couperet, plusieurs acteurs économiques ont d’ores et déjà jeté l’éponge. Lundi, la chaîne hôtelière canadienne Blue Diamond a annoncé cesser la totalité de ses activités touristiques à Cuba. Idem pour le groupe hôtelier espagnol Iberostar, qui abandonne la gestion d’une dizaine d’hôtels qu’il administrait en partenariat avec Gaesa. Deux autres groupes hôteliers internationaux, Melia (Espagne) et Archipelago International (Indonésie) songent à quitter les lieux. Mi-mai, les compagnies maritimes française CMA CGM et allemande Hapag-Lloyd avaient également annoncé suspendre “temporairement” les réservations de fret à destination de Cuba.

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Le pouvoir américain, lui, assume cette ligne dure. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, farouche opposant au gouvernement communiste de La Havane, a récemment accusé les dirigeants cubains de vol et de corruption par le biais de Gaesa. Le département d’État affirme que le conglomérat possède des actifs à hauteur de 18 milliards de dollars et détient jusqu’à 70% de l’économie cubaine.

Plus largement, Cuba traverse une très grave crise économique depuis des années, aggravée depuis plusieurs mois par le blocus pétrolier imposé par Washington et d’autres sanctions économiques américaines. L’île est ainsi confrontée à une grave pénurie de carburant, entraînant une détérioration des services de transports et des coupures d’électricité fréquentes. De quoi mettre “en danger” le système éducatif, car l’amplitude du temps scolaire est désormais réduite et le déficit d’enseignants criant, a alerté l’Unesco.

Raul Castro a été inculpé par la justice américaine.

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L’administration Trump a encore accru la pression sur l’île communiste, la semaine dernière, en inculpant son ancien président Raul Castro, accusé du meurtre d’Américains dans une affaire remontant à 1996. Cette inculpation semble, aux yeux des spécialistes mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, “s’inscrire dans ces efforts visant à porter atteinte à la souveraineté de Cuba”, au même titre que le déploiement récent du porte-avions Nimitz dans la mer des Caraïbes.

T.G.