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Guerre au Moyen-Orient. Les États-Unis frappent de nouveau l'Iran, la trêve et les négociations en …

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Les autorités libanaises ont annoncé ce lundi que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de « cessation mutuelle des attaques » avec Israël, qui avait menacé plus tôt de frapper la banlieue sud de Beyrouth à la veille de négociations israélo-libanaises.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a lui affirmé avoir dit au président américain que l’armée frapperait Beyrouth en cas de tirs du Hezbollah contre des cibles israéliennes. « Dans le même temps, l’armée continuera à opérer comme prévu dans le sud du Liban », a-t-il affirmé. 

« Les autorités libanaises ont reçu la confirmation de l'acceptation par le Hezbollah de la proposition américaine prévoyant une cessation mutuelle des attaques », indique un communiqué de l'ambassade diffusé par le bureau de la présidence libanaise. « Dans le cadre de l'arrangement proposé, les frappes israéliennes sur Dahiyeh (la banlieue sud de Beyrouth) cesseraient en échange de l'engagement du Hezbollah à s'abstenir de lancer des attaques contre Israël, le cadre du cessez-le-feu devant être élargi pour couvrir l'ensemble du territoire libanais ». 

Plus tard, Donald Trump a exhorté Israël et le Hezbollah à arrêter de se battre « pour toujours ». Il a déclaré sur son réseau Truth Social que le Hezbollah avait « accepté d’arrêter de tirer sur Israël et ses soldats. De même, Israël a accepté de cesser de tirer sur eux. Voyons combien de temps cela durera – espérons que ce soit pour TOUJOURS! ». 

« Condition essentielle »

Cette annonce se fait dans un climat de regain de tension entre l’Iran et les États-Unis. Le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé les États-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu entre les deux pays, après des frappes américaines en Iran qui ont entraîné des représailles militaires iraniennes. Ces attaques portent un nouveau coup aux négociations indirectes qui patinent déjà pour mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine contre l’Iran.

D’autant que Téhéran a redit ce lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie « à ce stade » des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump. L’Iran avait également rappelé qu’un cessez-le-feu au Liban, autre front du conflit où son allié le Hezbollah est combattu par Israël, était « une condition essentielle à tout accord », selon le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

Le pétrole prend plus de 5%

Les cours du pétrole s’envolent lundi, dopés par le regain de tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. Vers 15h30 heure de Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, prenait 4,92% à 95,60 dollars, après s’être brièvement affiché au-delà des 5%. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, gagnait 5,94% à 92,55 dollars.

L’armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes « défensives » sur le sud de l’Iran, la troisième en un peu plus d’une semaine. Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l’île de Qeshm dans le détroit d’Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X. Ces opérations ont été menées « en réponse à des actions agressives de l’Iran, dont la destruction d’un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales », selon cette source. 

Drones « hostiles »

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont affirmé lundi de leur côté avoir attaqué une base utilisée par l’armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays où ils avaient frappé. Le Koweït a dit avoir intercepté des missiles et des drones « hostiles », attribuant l’attaque à l’Iran.

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L’Iran a conditionné la fin de la guerre à une cessation des opérations israéliennes en Iran. Photo Sipa

Washington et Téhéran s’étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l’Iran suivies d’une attaque contre le Koweït. La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l’économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole. L’Iran bloque depuis fin février le détroit d’Ormuz, voie maritime essentielle pour le transport mondial d’hydrocarbures, et les États-Unis exercent un blocus des ports iraniens.

Macron salue les « efforts déterminés » de Trump pour un accord avec l’Iran

Le président français Emmanuel Macron a salué ce lundi les « efforts déterminés » de son homologue américain Donald Trump pour parvenir « rapidement » à un accord de sortie de guerre avec l’Iran.

Lors d’un entretien téléphonique dimanche soir, « j’ai salué les efforts déterminés qu’il mène pour parvenir rapidement à un accord entre les États-Unis et l’Iran, qui constitue une opportunité unique de construire un nouveau cadre de sécurité associant l’ensemble des acteurs concernés, afin de permettre une stabilisation durable de la région », a écrit le président français sur X.

« J’ai indiqué que nous étions prêts à soutenir pleinement ces efforts et à prendre toute notre part dans leur mise en Å“uvre. C’est le sens de la mission internationale que nous avons construite avec les Britanniques et nos partenaires, prête à être déployée dès qu'un accord sera conclu afin de contribuer à la sécurisation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz », a-t-il ajouté.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d’un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d’un protocole d’accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, Donald Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime à Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington. La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses pour la réouverture d’Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

« Pas d’arme nucléaire »

Donald Trump a insisté sur Truth Social que le projet d’accord « stipule très clairement que l’Iran n’aura pas d’arme nucléaire », et ce « en des termes très fermes ».

Le président a assuré lundi que « les discussions continuaient à un rythme rapide avec la République islamique d’Iran », dans un message publié lundi sur son réseau Truth Social. L’affirmation du président américain contredit l’annonce de l’agence de presse iranienne Tasnim, selon laquelle Téhéran a rompu le dialogue indirect avec Washington, notamment à cause de l’offensive israélienne au Liban.

L’Iran, qui revendique son droit à un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l’arme atomique, malgré les accusations en ce sens des Etats-Unis et d’Israël. Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps et exige une levée des sanctions le frappant.

Dans ses négociations avec Washington, Téhéran insiste par ailleurs pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut « éliminer » le Hezbollah.  Mais sur ce front, l’armée israélienne continue à avancer dans le sud du Liban et a reçu l’ordre lundi de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Ce dernier poursuit lui ses attaques notamment dans le nord d’Israël, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril. Dans ce contexte, la France a demandé une réunion d’urgence sur le Liban au Conseil de sécurité de l’ONU, qui doit se tenir lundi, selon des sources diplomatiques.