Les États-Unis et l'Iran ont établi un cadre d'accord en vue de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, qui entre dans son quatrième mois. C'est ce qu'ont indiqué jeudi 28 mai 2026 à l'AFP des sources américaines, confirmant une information du site Axios.
Néanmoins, l’agence iranienne Tasnim, citant une source proche de l’équipe de négociation, a démenti l’information d'un accord imminent. « Cela est faux et le texte n’est pas encore finalisé », a-t-elle écrit.
Selon le média en ligne Axios, cet accord préalable ne règle pas la question du programme nucléaire iranien, mais il ouvre la voie à des négociations plus poussées à ce sujet. L'accord inclut, en revanche, un engagement de l'Iran à ne pas chercher à se doter de la bombe atomique.
Un accès « illimité » au détroit d'Ormuz
L'annonce est tombée au lendemain d'échanges de frappes nocturnes entre l'Iran et les États-Unis, les affrontements les plus graves depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 8 avril.
Alors qu'on croyait les négociations en péril, des sources à Washington ont finalement indiqué que cet accord cadre prévoit également une extension de 60 jours du cessez-le-feu, mais nécessite encore l'aval du président américain. Jeudi, en début de soirée, l'Iran n'avait pas confirmé cette annonce. Mais des médias iraniens ont récemment rapporté que le dossier nucléaire serait négocié pendant une période de 60 jours qui suivrait la signature d'un accord.
Sur la question d'Ormuz, le protocole prévoit un accès « illimité » au détroit, selon Axios, qui cite deux responsables américains. En contrepartie, le blocus américain des ports iraniens serait levé et Téhéran serait autorisé à vendre du pétrole grâce à une suspension des sanctions américaines.
Disant ne tolérer « aucune tentative visant à instaurer un système de péage », le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a menacé jeudi de s'en prendre à Oman, un allié des États-Unis et voisin de l'Iran, en cas de coopération avec Téhéran pour le contrôle du détroit. L'Iran a récemment créé un organisme pour collecter des droits de passage.
D'autres sujets divisent les deux camps. Outre la fin des combats sur tous les fronts, Téhéran cherche à obtenir le déblocage de 24 milliards d'avoirs gelés à l'étranger. C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire. Les États-Unis réclament quant à eux la destruction du stock iranien d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain.
Violations du cessez-le-feu
Plus tôt jeudi, les deux camps s'étaient mutuellement accusés de violer le cessez-le-feu. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les États-Unis ont abattu quatre drones d'attaque iraniens qui représentaient une « menace autour du détroit d'Ormuz » et ont frappé un site à Bandar Abbas « qui menaçait de lancer un cinquième drone », d'après un responsable américain. En représailles, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir visé une base américaine, sans préciser laquelle. Le Koweït et l'armée américaine ont fait état de frappes, attribuées à l'Iran, sur le territoire de cette monarchie du Golfe. L'Iran a rejeté la responsabilité sur Washington, fustigeant des « violations continues du cessez-le-feu » après les frappes menées ces derniers jours par Washington sur le sud du pays.
Avec AFP
et aussi
Jeudi 28 mai, des frappes israéliennes ont fait au moins 14 morts dans le sud du Liban, où Israël a étendu sa « zone de combat » contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur. Ces frappes surviennent alors que le Liban et Israël doivent tenir vendredi une réunion militaire à Washington, avant une nouvelle session de négociations prévue les 2 et 3 juin.
:quality(80)/outremer%2F2026%2F06%2F10%2F6a295e6c484b8089535546.png)



