Un compromis sur la mise en œuvre de l'accord commercial États-Unis/UE a été scellé la semaine dernière. Juste avant, Donald Trump avait « habilement » menacé de taxer l'automobile allemande pour faire céder les Vingt-sept.
Donald Trump sait appuyer où ça fait mal. Las d'attendre que les Vingt-sept se soumettent enfin à ses caprices et ratifient sans tergiverser l'accord de Turnberry, conclu au large bénéfice des États-Unis il y a près de dix mois, le président américain a donc dégainé l'argument d'autorité. Si l'Union européenne ne signait pas le texte avant le 4 juillet prochain, de nouveaux droits de douane de 25 % s'appliqueraient sur ses exportations de véhicules.
Le coup de pression de Trump
Après avoir tenté le coup en menaçant de couper le robinet de gaz naturel liquéfié (GNL) dont l'UE a désespérément besoin, pensait-il, depuis qu'elle a choisi de se défaire de toute dépendance à la Russie, Donald Trump a fini par viser dans le mille en exerçant des pressions sur le secteur automobile, moteur de l'économie allemande et qui subit actuellement sa première vague massive de désindustrialisation.
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Berlin ne peut, en effet, se permettre de perdre son premier partenaire commercial en la matière, elle qui se trouve encore être, en 2025, le cinquième exportateur mondial et premier exportateur européen de voitures à destination de Washington. D'autant plus qu'au moment de la conclusion de l'accord, en juillet dernier, la filière allemande avait déjà déploré une taxe bondissant de 2,5 % à 15 % qui pourraient lui coûter « des milliards chaque année ». Un passage à 25 % était donc absolument exclu.
Le mercredi 20 mai, sous la pression de l'Allemagne qui joue très gros, voici que l'ensemble des États membres a fini par céder. Et même si certains garde-fous telle l'obligation de faire passer les tarifs douaniers sur les produits contenants de l'acier ou de l'aluminium de 50 % à 15 % d'ici à la fin de l'année 2026, ont malgré tout pu être ajoutés, il n'en reste pas moins que tous les produits européens subiront dorénavant des droits de douane s'élevant à 15 % quand ceux sur la plupart des produits industriels américains seront tout bonnement supprimés.
Macron s’agite, Berlin agit
Tous, y compris les Français, au premier rang desquels les produits pharmaceutiques, les vins et spiritueux ou encore les articles de luxe — les véhicules tricolores ne représentent en moyenne que 0,1 % des importations américaines. Or, depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Emmanuel Macron milite, a contrario d'Ursula von der Leyen, pour que l'Union européenne se montre plus offensive dans les relations transatlantiques. Début mai, face aux énièmes menaces du président américain, le chef d'État français a même demandé à ce que soit activé l'instrument anti-coercition européen, adopté en 2023 et inutilisé jusqu'ici.
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L'application de ce dispositif aurait notamment permis de répondre aux pressions de Washington en imposant des droits de douane ou même en suspendant les importations en provenance des États-Unis. Trop risqué selon la cheffe de l'exécutif européen qui a ainsi préféré capituler plutôt que de s'exposer encore à l'ire trumpienne alors que le conflit au Moyen-Orient et l'acerbe concurrence chinoise pèsent déjà sur la croissance économique des Vingt-sept. Oui mais trop risqué pour qui ? Car force est de constater qu'une fois encore, pour préserver ses intérêts avant tout, c'est l'Europe germanique qui agit et la France qui subit.



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