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Défense : face à Donald Trump, la confiance des Européens envers les Etats-Unis au plus bas

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Les Etats-Unis sont-ils toujours nos alliés ? Alors que, depuis son retour dans le Bureau ovale, Donald Trump a attaqué sept pays, a menacé d’envahir le Groenland, et ne cesse d’intimider les 27 à coups de droits de douane, la confiance ne semble plus si évidente, selon un rapport du Conseil européen des relations étrangères (ECFR). En sondant 15 pays du Vieux Continent – dont la France, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne et le Royaume-Uni – l’organisation a constaté que les Européens ne croyaient plus en la “garantie de sécurité américaine” et ressentaient au contraire “une profonde méfiance […] envers les États-Unis”.

Ainsi, seuls 11 % d’entre eux voient encore aujourd’hui en Washington un “allié”. Un niveau “historiquement bas”, deux fois inférieur à celui de novembre 2024, soit avant l’élection de Donald Trump. Et si la plupart décrivent les Etats-Unis comme un “partenaire nécessaire”, un quart des sondés, “notamment au Danemark, en France, en Espagne et en Suisse, considèrent le président américain comme un rival, ou même un adversaire”, notent les experts de l’ECFR. Une perception qui serait particulièrement courante parmi les électeurs de gauche de l’ouest du continent.

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“Les Européens ne s'attendent pas à ce que l'Amérique les protège”

De nombreux Européens sondés ont estimé que les relations avec la Maison-Blanche s’amélioreraient une fois que Donald Trump aura plié bagage. Dans l’intervalle, s’ils ne perdent pas espoir dans le fait que les États-Unis finiront par “revenir au sein de l’alliance transatlantique” – que le milliardaire a régulièrement qualifiée de “tigre de papier”, menaçant de claquer la porte de l’Otan – “les Européens ne s'attendent pas à ce que l'Amérique de Donald Trump les protège”, constate l’ECFR. Résultat : ils se reposent davantage sur leurs voisins du Vieux Continent. A l’exception de la Bulgarie, dans tous les pays sondés, la majorité se dit certain qu'”au moins certains pays européens” viendraient à leur secours si leur pays était attaqué. Les Danois en sont les convaincus : 43 % sont “très confiants”, 45 % “plutôt confiants”. Le consensus est d’autant plus frappant qu’il existe également dans les Etats où l’extrême droite anti-européenne est puissante, notent les auteurs.

Dans ce contexte, les citoyens du Vieux Continent sont de plus en plus nombreux à vouloir se prémunir contre le manque de fiabilité américaine en renforçant la défense européenne, notamment face à la Russie. Pour y parvenir, les sondés étaient “généralement favorables à une augmentation des dépenses de défense et à une force de dissuasion nucléaire européenne indépendante”. Une opinion partagée par les Espagnols qui avaient pourtant refusé d’augmenter la part du PIB accordée à la défense, malgré les réprimandes répétées de Donald Trump.

Toutefois, les Européens sont bien plus réticents à l’idée de réduire les dépenses publiques nationales pour injecter dans le budget de la défense. C’est en Italie que l’opposition est la plus marquée (63 %), puis en Autriche (59 %), en Allemagne (56 %), en Espagne (54 %) et enfin au Danemark (52 %). Sur cette thématique, les Français se distinguent de leurs voisins : 8 % “soutiennent fermement” cette proposition et 35 % ont “tendance à la soutenir”.

Une défense made in Europe

Les Européens sont également globalement enclins à collaborer avec leurs voisins : 47 % des personnes interrogées soutenaient l’idée d’un emprunt collectif de l’UE pour financer une augmentation des dépenses militaires. En outre, dans tous les pays à l’exception de l’Italie, la majorité des sondés, dont 66 % des Français, estiment que leur pays devrait acheter moins de matériel militaire américain pour investir dans l’industrie européenne.

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Enfin, l’idée de remplacer l’Otan par un nouvel organe de défense exclusivement européen ne séduit pas non plus, récoltant seulement 29 % d’avis favorables. Face à ces résultats, l’ECFR estime que les nombreux leaders du Vieux Continent qui se sont positionnés en faveur d’une défense européenne devraient battre le fer tant qu’il est chaud, avant que les citoyens ne changent d’avis.