Les États-Unis ont annoncé lundi avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l’Iran, malgré les apparents progrès des négociations pour arriver à un règlement de la guerre au Moyen-Orient.
Après des semaines de blocages et de menaces, aussi bien Washington que Téhéran ont fait état d’avancées ces derniers jours dans les discussions. Donald Trump avait même présenté comme imminente l’annonce d’un compromis pendant le long week-end du jour du Souvenir, qu’il a décidé de passer à la Maison-Blanche, tandis que la presse américaine et les médias iraniens distillaient les détails d’un futur plan de sortie du conflit.
Mais les espoirs de paix ont été douchés lundi, d’abord par l’annonce du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou d’une intensification de l’offensive menée par son armée au Liban, puis par une attaque contre l’Iran.
Les forces américaines ont mené aujourd’hui des frappes de légitime défense dans le sud de l’Iran afin de protéger nos troupes contre les menaces posées par les forces iraniennes. Les cibles comprenaient des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes qui tentaient de poser des mines
, a déclaré le commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) dans un communiqué.
L’armée américaine a précisé faire preuve de retenue durant le cessez-le-feu
en vigueur depuis le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis.
Des navires à l’ancre dans le détroit d’Ormuz, au large de la ville portuaire de Khasab, sur la péninsule de Musandam, au nord d’Oman, le 17 mai 2026.
Photo : Getty Images
Donald Trump cherche une issue à cette guerre impopulaire dans son pays, qui a gravement perturbé l’économie mondiale en raison du blocage du stratégique détroit d’Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.
Question nucléaire
Les dernières heures ont pourtant été marquées par une nouvelle accélération des échanges diplomatiques pour arriver à une fin de conflit.
De hauts responsables iraniens, incluant le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale, se sont rendus lundi à Doha. Cette visite au Qatar est la première de ce type depuis les frappes de représailles menées par Téhéran contre ses voisins du Golfe lors de la guerre.
Donald Trump avait déjà ces dernières heures tempéré les espoirs d’un accord imminent, disant ne pas vouloir se précipiter
et avertissant qu’il ne signerait qu’un accord excellent
.
Téhéran s’est montré également prudent. Nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions
, a commenté le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Mais de là à dire que la signature d’un accord est imminente, personne ne peut l’affirmer.
La réouverture du détroit d’Ormuz, verrouillé de facto par l’Iran depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février, est un enjeu majeur du conflit.
Donald Trump a évoqué samedi un compromis largement négocié
prévoyant sa réouverture, tandis que l’Iran insiste sur le fait que la question nucléaire ne fait pas partie à ce stade
du protocole d’accord en discussion et qu’elle serait abordée au cours de négociations séparées.
Lundi soir, le président Trump a évoqué le dossier de l’uranium enrichi iranien, un des points clés du conflit, affirmant qu’il serait soit immédiatement remis aux États-Unis […] et détruit, soit, de préférence, en collaboration et en coordination avec la République islamique d’Iran, détruit sur place ou dans un autre lieu acceptable
.
On ignore si le dirigeant américain signifiait par là qu’il s’agissait d’un point de l’accord en discussion.
Violations au Liban
Plus tôt lundi, il a aussi semblé faire monter les enjeux d’un éventuel accord de paix.
Dans un long message sur les réseaux sociaux, il a énuméré les dirigeants de pays à majorité musulmane avec lesquels il a discuté ces derniers jours, affirmant qu’après tout le travail effectué par les États-Unis […] tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d’Abraham
.
Une frappe israélienne dans la ville de Nabatieh, le 25 mai 2026
Photo : Getty Images / AFP / ABBAS FAKIH
Signés en 2020, ces accords ont débouché sur une normalisation des relations des Émirats arabes unis et de Bahreïn, deux proches alliés de Washington dans le Golfe, avec Israël.
Mais nombre d’États ont jusqu’ici refusé de se joindre à ce processus, en particulier l’Arabie saoudite ainsi que la Syrie et le Liban, a fortiori depuis le conflit qui a ravagé la bande de Gaza.
Sur le front libanais, un autre cessez-le-feu a été conclu depuis le 17 avril, mais Israël et le Hezbollah pro-iranien s’accusent mutuellement de le violer, poursuivant leurs attaques quotidiennes.
Benyamin Nétanyahou a affirmé lundi qu’Israël allait y intensifier
son offensive pour écraser
le Hezbollah, après de nouvelles frappes israéliennes qui ont fait trois morts, selon l’agence nationale d’information libanaise, ANI.




