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Leur système économique ne fonctionne pas : les États-Unis se disent déterminés à imposer un changement à Cuba

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Marco Rubio, lui-même d'origine cubaine et farouche opposant au gouvernement communiste, a cependant dit que les États-Unis espéraient éviter le recours à la force et privilégier «une solution diplomatique».

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a averti jeudi Cuba que les États-Unis étaient «déterminés» à imposer un changement dans l’île communiste, au lendemain de l’inculpation par la justice américaine de l’ex-président cubain Raul Castro. «Leur système économique ne fonctionne pas. Il est défaillant, et on ne peut pas le réparer avec le système politique actuel», a déclaré Marco Rubio aux journalistes depuis sa ville natale de Miami.

«Ce à quoi ils se sont habitués toutes ces années, c’est simplement de gagner du temps et d’attendre que nous nous lassions», a-t-il ajouté. «Ils ne pourront ni faire traîner les choses ni gagner du temps. Nous sommes très sérieux, très déterminés.» Le chef de la diplomatie américaine, lui-même d’origine cubaine et farouche opposant au gouvernement communiste, a cependant dit que les États-Unis espéraient éviter le recours à la force et privilégier «une solution diplomatique».

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L’inculpation à Miami de l’ancien président cubain dans une affaire qui remonte à plus de trente ans a suscité des spéculations selon lesquelles Donald Trump pourrait l’utiliser comme prétexte pour attaquer l’île et l’arrêter, à l’image du président vénézuélien Nicolas Maduro, capturé par les forces américaines en janvier et détenu aux États-Unis. Marco Rubio a par ailleurs assuré que Cuba avait accepté une offre d’aide de 100 millions de dollars, sous conditions. Mais il a insisté sur le fait que cette aide ne devait pas tomber entre les mains du conglomérat militaro-économique Gaesa, qui contrôle une grande part de l’économie de Cuba. Plus tôt ce mois-ci, Washington a imposé des sanctions contre Gaesa. Marco Rubio a annoncé jeudi que la sÅ“ur de la dirigeante de Gaesa avait été arrêtée aux États-Unis après la révocation de son statut de résidente légale.

«C'est criminel, c'est injuste»

Raul Castro, frère du défunt Fidel Castro, l’ennemi juré de Washington, a été inculpé de complot en vue d’assassiner des Américains en 1996, suscitant l’indignation à Cuba. Deux avions civils pilotés par des opposants au dirigeant cubain avaient été abattus, faisant quatre morts, selon l’acte d’accusation. «Ce n’est pas vraiment une simple allégation, une véritable accusation datant d’il y a plus de 30 ans, mais plutôt une attaque publique contre une personnalité publique», a estimé Fabian Fernandez, comptable de 30 ans à la Havane, à l’AFPTV. «Ce que fait le gouvernement américain ici, sans parler du blocus énergétique qui nous empêche de recevoir du carburant, franchement, c’est criminel, c’est injuste», a dénoncé de son côté Pedro Leal, retraité de 65 ans.

Selon le journal officiel Granma, les organisations de masse appellent à un rassemblement vendredi matin «pour condamner l’acte méprisable et infâme» de l’administration américaine. À 94 ans, Raul Castro, qui demeure l’incarnation du pouvoir communiste à Cuba, était ministre de la Défense au moment des faits. Quant aux opposants abattus, ils faisaient partie d’une association anticastriste. Mercredi, Donald Trump a qualifié l’inculpation de «très grand jour», tout en estimant qu’une «escalade» n’était pas nécessaire.

Le porte-avions Nimitz dans les Caraïbes

Le ministre américain de la Justice par intérim, Todd Blanche, a déclaré s’attendre à ce que Raul Castro finisse ses jours en prison aux États-Unis. «Cette inculpation n’est pas une mise en scène (…) Nous nous attendons donc à ce qu’il se présente ici de son plein gré ou d’une autre manière et qu’il soit incarcéré», a-t-il déclaré mercredi à Miami. «Il s’agit d’une manÅ“uvre politique, sans aucun fondement juridique, qui ne cherche qu’à grossir le dossier qu’ils fabriquent pour justifier l’insensé projet d’une agression militaire contre Cuba», a dénoncé sur X le chef de l’État, Miguel Diaz-Canel.

Pour la première grande réaction internationale, Pékin s’est dit jeudi «fermement opposé aux sanctions unilatérales illégales, qui n’ont aucun fondement en droit international, et (…) contre le fait d’abuser des moyens judiciaires». Ces développements surviennent dans un contexte de tensions exacerbées entre Washington et La Havane et de crise économique et énergétique à Cuba, qui subit d’interminables coupures d’électricité.

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Outre l’embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington impose depuis janvier à l’île caribéenne un blocus pétrolier total. Après avoir capturé Maduro, l’administration Trump ne cache pas sa volonté de changement à La Havane et met une pression maximale sur l’île communiste, située à quelque 145 kilomètres des côtes de Floride. L’armée américaine a ainsi annoncé que le porte-avions USS Nimitz était entré dans les Caraïbes. Interrogé pour savoir si ce déploiement visait à intimider Cuba, le président américain a répondu jeudi: «Non, pas du tout».