Mariem Njeh
14 Avril 2026•Mise à jour: 14 Avril 2026
AA / Istanbul / Mariem Njeh
L’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, a déclaré mardi qu’Israël souhaitait tenir la France « aussi éloignée que possible » des négociations de paix en cours au Moyen-Orient, estimant que Paris « n’est pas une influence positive », notamment sur le dossier libanais.
« Nous aimerions tenir les Français aussi éloignés que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu’il s’agit de négociations de paix. Ils ne sont pas nécessaires », a-t-il affirmé sur la chaîne israélienne i24 News, en réponse à une question sur l’implication française dans le processus diplomatique.
Ces déclarations interviennent alors que la France appelle précisément à ce que le Liban soit inclus dans la dynamique de cessez-le-feu en cours, une position défendue par le président Emmanuel Macron et réaffirmée par la ministre française des Armées Catherine Vautrin.
Premier face-à -face israélo-libanais depuis 33 ans
Les représentants du Liban et d’Israël ont tenu mardi, au siège du département d’État américain à Washington, une réunion préparatoire, la première du genre depuis 1993. La rencontre, d’une durée d’environ deux heures et demie selon le correspondant Anadolu, a réuni l’ambassadrice libanaise à Washington Nada Hamadé Maoued, l’ambassadeur israélien Leiter, le secrétaire d’État américain Marco Rubio, ainsi que l’ambassadeur américain au Liban Michel Issa.
Le département d’État américain a indiqué espérer que ces pourparlers dépassent le cadre de l’accord de cessez-le-feu de 2024 et aboutissent à une « paix globale ». Les deux parties ont par ailleurs convenu de poursuivre les négociations directes à une date et un lieu à déterminer ultérieurement.
Marco Rubio a toutefois tempéré les attentes, déclarant que l’ensemble des points de désaccord « ne sera pas résolu en six heures ».
La réunion s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes. Malgré le cessez-le-feu de deux semaines conclu entre Washington et Téhéran, sous médiation pakistanaise, Israël a poursuivi ses opérations militaires au Liban, où les attaques ont fait 357 morts le premier jour de la trêve, selon le ministère libanais de la Santé.
Si Islamabad et Téhéran affirment que le cessez-le-feu couvre le Liban, Tel Aviv le dément. Depuis la reprise des hostilités israéliennes le 2 mars, le bilan libanais s’élève à 2 124 morts, 6 921 blessés et plus d’un million de déplacés, selon les mêmes sources.
Le président libanais Joseph Aoun a exprimé l’espoir que ces discussions contribuent à « mettre fin aux souffrances des Libanais ».
L’armée israélienne a étendu son offensive aérienne et terrestre à travers le Liban depuis une attaque transfrontalière du Hezbollah le 2 mars, malgré un accord de cessez-le-feu entré en vigueur en novembre 2024.
Israël occupe des territoires au Sud-Liban, certains depuis des décennies et d’autres depuis les conflits précédents d’octobre 2023 et de novembre de l’année suivante.




