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Hand, foot, rugby, volley…, les entraîneurs invités à témoigner de leur expérience du sport féminin

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Salon du Belvédère, au Corum, le collectif “Femmes 3 000”, par l'intermédiaire de sa présidente régionale Alyne Bouix, a organisé en début de semaine, une table ronde d'entraîneurs locaux autour de la thématique du sport féminin. Toutes et tous ont abordé, sans fard, les spécificités de ce public. Retour sur de passionnants échanges.

Salon du Belvédère, au Corum de Montpellier, Gaëlle Mignot, ancienne capitaine du MHR et du XV de France, à la tête de la sélection internationale féminine de 2022 à 2025 et seule femme dans un staff masculin de Top 14 (MHR), prend place.
À ses côtés, Océane Villalonga, entraîneure du MHB féminin et responsable de la filière féminine du comité de l'Hérault. Yamandu Peralta, ancien international franco-uruguayen, coach des filles du volley de Mauguio et Geoffrey Doumeng, ex-professionnel en charge de la réserve du MHSC Féminin. Au-delà des freins communément pointés de manque de moyens et absence de statut professionnel, ces intervenants ont débattu, très ouvertement, du rôle particulier de l'entraîneur en milieu féminin. Pour Gaëlle Mignot, il s'agit déjà d'appliquer une exigence inchangée entre genres : “Garçons et filles ont le même objectif : gagner. Mon devoir était de challenger les filles pour qu'elles donnent le meilleur d'elles-mêmes. Pour qu'elles performent, on se doit d'être exigeants avec elles. Mais la façon de leur parler, oui, est différente. Je n'ai pas connu un seul entretien où la joueuse n'a pas pleuré dans mon bureau”.

“Besoin de comprendre ce qu'elles font”

Une transparence relationnelle bien connue de Yamandu Peralta : “Je leur apprends à affronter les conflits, à se dire les choses en face et à accepter le répondant. Car, ainsi, cela devient du dialogue. J'ai remarqué que, quand je commençais par montrer qui j'étais, que j'énonçais qu'avec moi, les choses étaient comme ceci ou comme cela, les problèmes ne traînaient pas. Les garçons fonctionnent plus en bons soldats qui disent oui coach. Les filles ont besoin de comprendre ce qu'elles font”.

L'affrontement, Océane Villalonga, l'a expérimenté : “Après un conflit avec un garçon, il claque la porte, revient ensuite pour parler. Puis, c'est fini. Avec une fille, ça ne l'est jamais. Elle va se souvenir qu'à un moment, j'ai dit ceci ou cela. Il y a plus d'appréhension de leur côté, alors, à chaque jour son défi ; mais c'est ce qui fait le charme de les entraîner”. “Un garçon, quand ça va bien il fonce, quand ça ne va plus, il se pose des questions. Les filles aussi mais quand ça va bien, elles se demandent combien de temps ça va durer !”, confirme Peralta.

Alléger leur responsabilité permanente

Si ces joueuses avancent à l'émotion, elles le doivent à leur histoire : “Elles n'ont pas de contrat donc elles ne savent plus à un moment si elles sont dans un double projet, si elles sont étudiantes ou footballeuses. Elles sont mentalement fortes de voir les garçons réussir quand elles doivent sortir encore pus de mérite” admire Geoffrey Doumeng.

L'adaptation managériale en devient permanente, avec humour pour Peralta : “Je me pose toujours la question de comment alléger leur sac à dos plein de cailloux de leur journée professionnel annexe. Pour les kinés, le massage tient lieu de confessionnal pré-entraînement [rires], car ces filles sont habituées à être toujours très responsables”.

“Deux coupes du monde m'ont appris que les filles ont besoin de se sentir bien pour bien jouer, conclut Mignot. J'ai mis mon énergie sur l'à-côté, à les préparer à cette collectivité car elles ont besoin de valeur donnée à chacune. Parce qu'il y a un monde entre cet élitisme de l'équipe de France et la vie dans leur club. Il faut appréhender l'entrée dans l'élite – être avec les meilleures et surencadrée –, tout comme le retour à l'autonomie en club“.