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Élections provinciales 2026 en Nouvelle-Calédonie: le sport entre performance, cohésion et défis

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Accès à la pratique, soutien aux associations, développement du sport féminin ou encore coût des déplacements : à l'approche des élections provinciales, les questions sportives occupent une place importante dans les préoccupations des clubs et des bénévoles. Du Grand Nouméa aux communes du Nord en passant par les îles Loyauté, les attentes diffèrent mais un constat demeure : le sport joue un rôle essentiel dans la cohésion sociale, l'éducation des jeunes et l'animation des territoires.

Un rôle social

À Magenta, l'association des Kimonos du Cœur illustre le rôle social que peut jouer le sport dans les quartiers. Depuis trois ans, la structure accueille chaque semaine entre 130 et 150 enfants autour du judo, mais aussi d'activités éducatives et d'accompagnement.

« Les mômes ne sont plus dans la rue, ils sont chez nous depuis trois ans. On fait partie de leur éducation et ça, c'est important pour eux »

Laurent Callega, président des Kimonos du coeur

Au-delà de l'encadrement sportif, l'association propose du soutien scolaire, une bibliothèque partagée ou encore des ateliers de sensibilisation. Mais son fonctionnement repose essentiellement sur l'engagement de bénévoles et sur des financements parfois fragiles. “Ce qui nous aiderait considérablement, c'est de l'aide au quotidien sur des dépenses comme la climatisation, le ménage ou l'électricité”, souligne Laurent Callega.

15 000 francs par jeune

Pour soutenir la pratique sportive, la province Sud a fait le choix d'investir massivement dans le dispositif Clic&Mouv’. Cette année, 250 millions de francs CFP ont été consacrés à ce portefeuille numérique qui permet aux jeunes de bénéficier de 15 000 francs pour financer une activité sportive ou culturelle.

“Tous les enfants de 3 ans jusqu'aux étudiants de 26 ans peuvent utiliser cette aide dans un club”, rappelle Paul-Antoine Grangeon, directeur de la Culture, de la Jeunesse et des Sports de la Province Sud. Selon lui, le dispositif profite également aux associations en favorisant la prise de licences et en renforçant leurs ressources financières.

La collectivité intervient également auprès des centres de vacances et de loisirs avec une enveloppe de 130 millions de francs destinée à alléger la participation des familles.

Le reportage de Martin Charmasson et Christian Favenec

Encourager la pratique féminine

Dans le nord aussi le sport rime avec cohésion grâce au dynamisme des clubs et des associations. À Pouembout par exemple, le Sporting Club connaît une progression rapide. Créé il y a seulement un an et demi, il rassemble déjà plus de 200 licenciés et souhaite désormais franchir une nouvelle étape.

Pour son président Valérian Hummel, l'un des principaux défis reste la représentation des sportifs du Nord au plus haut niveau. “Plus on a des coachs qualifiés, mieux on formera les joueurs et joueuses”, estime-t-il. L'objectif est aussi d'ouvrir des perspectives vers les sélections territoriales ou des parcours à l'international.

À Poya, l'ouverture de la salle omnisports de Pouembout fin 2024 a offert un nouvel élan au handball. L’ACB Poya y accueille désormais plusieurs dizaines de licenciés et développe des partenariats avec les établissements scolaires.

Mais malgré cet essor, les difficultés financières demeurent. « On compte beaucoup sur la nouvelle équipe pour pouvoir avoir un nouveau soutien », explique Teura Mercier, secrétaire du club. Les dirigeants espèrent notamment obtenir davantage d'aides pour financer les compétitions et poursuivre le développement de leurs activités.

Le reportage de Marion Thellier et Nathan Poauteta

Le coût de l’éloignement géographique

Pour les clubs sportifs des Loyauté, la principale difficulté reste l'éloignement géographique. À Lifou, Maré ou Ouvéa, participer aux compétitions organisées sur la Grande Terre représente une charge financière considérable.

Le club du SC Ne Drehu estime ses frais de déplacement annuels entre 7 et 8 millions de francs CFP. Depuis les émeutes de 2024, l'absence de certaines subventions complique encore davantage l'équation budgétaire.

« C'est quand même un stress pour nous parce qu'il faut aller chercher de l'argent »

Dralue Waheo, président du SC ne Drehu

Les dirigeants multiplient les actions de financement pour maintenir leurs équipes engagées dans les compétitions.

À Ouvéa, les difficultés sont accentuées par le manque de solutions de transport. L'absence de liaison aérienne régulière et les rotations limitées du Betico compliquent les déplacements des sportifs comme ceux des formateurs.

Un enjeu de proximité

Les clubs espèrent que la future mandature provinciale apportera des réponses concrètes à ces problématiques de mobilité. Pour Thomas Hnyielitr, président du Waguelilo Capital, les contraintes liées à l'insularité restent encore insuffisamment prises en compte.

« Chaque fois que nous devons nous déplacer, nous devons trouver nos propres moyens »

Thomas Hnyielitr, président du Waguelilo Capital

Entre soutien aux associations, accès à la pratique, formation des jeunes et amélioration des transports, le sport apparaît ainsi comme un enjeu de proximité qui touche directement la vie quotidienne de nombreux Calédoniens.

Le reportage de Clarisse Xowié Watué et Arthur Panz