Reléguées sportivement en Division 3, les Ruthénoises auraient pu rester au deuxième niveau après la défection de Reims. Mais selon nos informations, le club a refusé cette option.
Les difficultés économiques du football français ne devraient pas suffire à sauver la place de Rodez en Seconde Ligue. Reléguées sportivement en Division 3 pour la saison prochaine après avoir terminé à l'avant-dernière place, les Rafettes auraient pu connaître un coup de pouce sur le plan administratif, en raison des difficultés connues par d'autres clubs. Une place s'est libérée en deuxième division, car Reims a annoncé, au début du mois, que son équipe féminine ne repartira pas au niveau professionnel pour la saison prochaine.
Selon nos informations, le Raf a annoncé en fin de semaine dernière à la Fédération française de football qu'il décline un repêchage en Seconde Ligue. « Pour la saison prochaine, notre budget a été validé par la DNCG avec une équipe féminine en Division 3, explique Pierre-Olivier Murat, le président du club. Et il y a une grosse différence entre les deux divisions. »
« Un coût pas possible »
Depuis 2024-2025, le deuxième échelon est en effet professionnel, ce qui entraîne des obligations pour les clubs, notamment la signature de contrats professionnels aux joueuses. Et ce ne sont pas les seules dépenses. « On se déplace partout dans la France, cela représente un coût pas possible. On ne pouvait le supporter que parce qu'on avait les garçons en Ligue 2, ajoute le dirigeant sang et or. Si des clubs arrêtent carrément leur section féminine, il faut peut-être se poser des questions sur ce championnat. »
Ces contraintes, couplées aux difficultés économiques du football français depuis la chute des droits TV, ont poussé certains clubs à se questionner sur l'avenir de leur section féminine. Au-delà de Reims, des incertitudes entourent le cas de Nice, dans un contexte de possible vente du club cet été. À l'étage supérieur, Dijon est également concerné, même si le club a annoncé dernièrement des discussions avec un éventuel repreneur pour la section féminine.
« Reconstruire »
Bien que le Raf renonce à un repêchage, il assure ne pas tirer un trait sur le football au féminin. « Nos jeunes montent en U19 National. Le schéma qu'on a en tête, c'est de se dire que dans deux ou trois ans, on aura une génération qui sera prête pour retourner en Seconde Ligue, annonce Pierre-Olivier Murat. On n'abandonne pas les filles, on veut reconstruire. »
Selon le dirigeant, cette reconstruction pourrait être menée avec Karima Taïeb, l'entraîneure en poste depuis deux ans. « J'espère qu'elle va continuer avec nous, avance-t-il. Elle travaille sur l'ensemble de la section féminine, pas seulement l'équipe première. »
En revanche, l'effectif pourrait être renouvelé. Plusieurs joueuses, dont certaines cadres devraient quitter le club cet été. Selon informations, cela concernerait notamment Eloïse Sevenne, Sonia Roumiga, Marie Dehri, Maeva Ferrat et Héléna Theriez.
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